Famille alliée

La famille Duermael

Gand, XVIe – XIXe siècle
Avocats au Conseil de Flandre, brasseurs, un abbé de Baudeloo ; en 1803, une alliance qui fait entrer leurs créances à Eyne

Les Duermael s'allient aux van der Straeten en décembre 1803, par le mariage d'Isabelle Duermael avec Liévin François van der Straeten. La famille est établie à Gand depuis deux siècles au moins. Ses papiers ont suivi l'alliance : le fonds d'archives conservé aujourd'hui à Eyne est catalogué par les Archives de l'État sous le nom d'archives de la famille Duermael, et non sous celui des van der Straeten.

La lignée

L'inventaire des Archives de l'État (Inventaris van het archief van de familie Duermael, par Elke Van den Broecke) donne une filiation continue, chaque génération ayant laissé ses pièces.

GénérationAlliance
Abraham Pauwels Duermael († 1635)Elisabeth Vanden Hane († 1621), puis Joanne De Naeyere
Guillaume Duermael (1631-1711)Marie Anne Van Steenbergen († 1674), puis Josijn Autrap († 1707)
Jan Bernard Duermael (1669-1737)Marie Françoise D'Obercourt (1673-1723)
Johannes Judocus Nicolas Duermael (1705-1791)Jacoba Marie Van Ronsele (1705-1744), puis Anne Ferdinande Vander Perre, puis Anne Marie Judoca Gijsdaele
Henry Johannes Bernard Duermael (1736-1823)Catherina Rosa Belaen († 1780)
Isabelle Jeanne Catherine Duermael (1768-1858)Liévin François van der Straeten († 1828)

Quatre générations naissent dans la paroisse Saint-Michel, à Gand. La famille a son généalogiste dès le XVIIIe siècle : Johannes Judocus Nicolas Duermael a laissé trois recueils généalogiques et héraldiques sur sa famille et ses alliés, qui ouvrent l'inventaire des Archives de l'État.

Les juristes

Trois générations au moins exercent le droit ; l'université de Louvain, la seule des Pays-Bas, revient pour chacune.

Jan Bernard Duermael (1669-1737), avocat au Conseil de Flandre, est licencié ès-lois à Louvain le 15 décembre 1693. Son fils Johannes Judocus Nicolas (1705-1791) est avocat au même Conseil, juridiction souveraine du comté.

Jan-Baptist Augustijn Duermael (né en 1766), frère d'Isabelle, suit une carrière que l'inventaire détaille : avocat à Gand, puis substitut du procureur du roi (de l'empereur sous le régime français), substitut du procureur civil à Anvers à partir du 30 avril 1811, enfin avocat et juge au tribunal de première instance d'Eeklo. Il est juge à Anvers du 27 mai 1827 au 5 novembre 1830, et démis comme orangiste au lendemain de la révolution belge. Il est le seul membre de la famille dont la position politique soit connue.

L'abbé de Baudeloo

Antoine Guilielmus Duermael (1661-1735), Gantois, entre chez les cisterciens sous le nom de Gregorius. Il prend l'habit le 31 mars 1680, fait profession le 17 avril 1681, et est élu abbé de Baudeloo le 27 juillet 1721. Il meurt le 17 mars 1735. Sa devise est DURA MALO, jeu de mots sur son nom.

Le musée des Beaux-Arts de Gand conserve son portrait de groupe : Les religieux de l'abbaye de Baudeloo réunis en chapitre sous la présidence de l'abbé Gregorius Duermael, par Robert van Audenaerde (Gand, vers 1663 – Gand 1743), élève et longtemps collaborateur de Carlo Maratta à Rome, rentré à Gand en 1723 et maître gantois en 1725. Le musée ne possède que deux œuvres de ce peintre.

Les religieux de l'abbaye de Baudeloo réunis en chapitre sous la présidence de l'abbé Gregorius Duermael, par Robert van Audenaerde
Robert van Audenaerde, Les religieux de l'abbaye de Baudeloo réunis en chapitre sous la présidence de l'abbé Gregorius Duermael. L'abbé est la figure en noir, debout derrière la table, le bras levé vers la Vierge. [Reproduction conservée dans les archives familiales ; son rapport à la toile du musée de Gand reste à établir ; voir ci-dessous.]

La toile, qui provient de l'abbaye, mesure 410 sur 455 centimètres ; sa partie centrale est cintrée. L'abbé s'y tient debout près d'une table couverte d'un tapis portant ses armes ; autour de lui les moines, debout ou agenouillés ; au-dessus paraît la Vierge à l'Enfant. C'est le seul portrait connu d'un membre de la famille.

La béguine

Barbara Coletta Duermael, née en 1741, fut béguine professée au grand béguinage de Gand le 1er février 1770. Le béguinage n'est pas un couvent : les béguines y vivent de leur bien, sans vœux perpétuels, et peuvent le quitter.

Les armes et la devise

La devise DURA MALO est attestée par deux sources indépendantes, pour le religieux mort en 1735 et pour sa parente née en 1768. Cette concordance établit l'appartenance de l'abbé et d'Isabelle à la même famille.

Les armes sont en revanche blasonnées de trois manières différentes :

Les trois comptent cinq charges, et le cône de houblon ressemble à une petite pomme de pin : il s'agit vraisemblablement du même meuble, diversement nommé. L'examen des armes peintes sur le tapis du tableau permettrait de trancher. [S'il s'agit de houblon, les armes seraient parlantes pour le métier : une branche de la famille était brasseuse à Gand.]

Les brasseurs et le procès

Une branche gantoise de la famille exerçait la brasserie. Francis Ferdinand et Joanna Judoca Cathrina Duermael s'opposeront en justice aux époux van der Straeten dans les années 1820, dans une affaire de brasserie que la page d'Isabelle détaille.

La parenté Belaen

La mère d'Isabelle, Catherina Rosa Belaen († 1780), apporte une seconde parenté ecclésiastique : son frère Jan Baptiste Belaen, docteur en droit, fut le dernier chanoine-curé d'Eyne, en poste depuis 1779, l'année qui suit l'arrivée de Liévin François comme greffier.

Isabelle le cacha chez elle pendant la persécution du clergé réfractaire ; son calice d'étain resta longtemps dans la famille. Le récit est sur sa page.

Les archives

Le fonds est inventorié par les Archives de l'État en Belgique sous la cote BE-A0514_107901_110009, Inventaris van het archief van de familie Duermael, par Elke Van den Broecke : cent pages de description, pour des pièces allant du XVIe au XXe siècle. L'inventaire est classé par personne : chaque génération y a sa section, avec sa vie privée, la gestion de ses biens, sa vie publique et sa succession.

Le généalogiste Jan Lindemans a consacré à la famille une étude de trente-deux pages : Jan LINDEMANS, « Het geslacht Duermael en aanverwante familiën », De Schakel, Antwerpse Kring voor Familiekunde, 1955, année 10, n° 1, p. 1-32, avec illustrations. Conservée à Merksem, cote 001 F I b1. [Étude non consultée.]

Sources

Elke VAN DEN BROECKE, Inventaris van het archief van de familie Duermael, Archives de l'État en Belgique, BE-A0514_107901_110009 — filiation, dates et carrières.
Notice du musée des Beaux-Arts de Gand sur Les religieux de l'abbaye de Baudeloo… de Robert van Audenaerde — identification de l'abbé, format, provenance, devise.
José CLAEYS BOÚÚAERT, Esquisse biographique de Liévin-François — les armes, la devise, le calice.
Base généalogique familiale — dates de naissance, paroisses, professions.
Jan LINDEMANS, « Het geslacht Duermael en aanverwante familiën », De Schakel, 1955 — référence signalée, non consultée.

Sommaire
La lignéeLes juristesL'abbé de BaudelooLa béguineLes armes et la deviseLes brasseurs et le procèsLa parenté BelaenLes archivesSources