Génération I · épouse de Liévin François

Isabelle Jeanne Catherine Duermael

1768 – 1858
Estimation d'après le GEDCOM du 28 juillet 2026 : environ 455 descendants, dont 68 nés van der Straeten.
Gantoise, épouse puis veuve du greffier d'Eyne, associée après 1828 à la gestion de l'huilerie

Fiche d'identité

NomIsabelle Jeanne Catherine Duermael (graphies attestées : Durmael, Duermael ; signature relevée « Jeenne »)
NaissanceGand, 20 mars 1768, d'après la pierre tombale d'Eyne et le GEDCOM familial
DécèsEyne, 31 mars 1858, à 90 ans
ParentsHenricus Joannes Bernaerdus Duermael et [Catharina] Rosa Belaen
Mariage13 décembre 1803 (civil, 22 frimaire An XII, registre d'Eyne) et 18 décembre 1803 (religieux) avec Liévin François van der Straeten
EnfantsMarie Athanasie (1804-1833) ; Amand Jean Norbert (1807-1873) ; Liévin François Jean-Baptiste (1809-1846)
SépultureCimetière d'Eyne, pierre de gauche du calvaire, avec son mari

Origines

Isabelle Duermael est née à Gand dans une famille de la bourgeoisie patricienne. Claeys Boúúaert la présente comme la « dernière descendante d'une noble famille gantoise », portant d'azur à cinq grappes d'argent, avec la devise DURA MALO. [La qualité « noble » et le statut de dernière descendante sont l'appréciation de Claeys Boúúaert, non vérifiée sur pièce ; la fratrie documentée ci-dessous montre au contraire plusieurs Duermael vivants et actifs après elle.]

Sa fratrie apparaît dans les actes du fonds familial. Jean-Baptiste Augustin Duermael (né en 1766) fut avocat à Gand, substitut du procureur impérial puis juge à Anvers, et démis comme orangiste en 1830. Une branche gantoise de la famille, brasseurs à Gand, s'opposera aux époux van der Straeten en justice dans les années 1820.

La famille comptait des avocats au Conseil de Flandre depuis le XVIIe siècle, une béguine du grand béguinage, et un abbé de Baudeloo dont le portrait est au musée des Beaux-Arts de Gand. Sa lignée, ses armes et ses archives font l'objet d'une page distincte : la famille Duermael.

C'est par sa mère, Catherina Rosa Belaen († 1780), qu'elle était parente du dernier chanoine-curé d'Eyne, Jan Baptiste Belaen, docteur en droit, en poste depuis 1779.

Le calice d'étain

Le collège des chanoines d'Eyne fut déclaré dissous le 18 septembre 1796, en exécution de la loi supprimant les établissements religieux. Le Directoire interdit ensuite les manifestations du culte et poursuivit le clergé réfractaire, c'est-à-dire celui qui avait refusé de prêter serment.

Isabelle cacha son oncle chez elle. Le calice dont il se servait pour célébrer la messe clandestinement, un calice d'étain et non d'argent, fut longtemps conservé dans la famille.

Ces années sont aussi celles de l'arrestation de Liévin François. Pris comme otage en décembre 1798 pour son influence supposée, écroué à Paris, il est libéré le 14 mai 1799. Les deux futurs époux sont ainsi atteints au même moment par la répression, lui comme otage sans délit, elle pour avoir abrité un prêtre proscrit. Ils se marient quatre ans après son retour. [José Claeys Boúúaert suppose, sans l'affirmer, que Liévin François avait pu remarquer Isabelle plus tôt, lorsqu'elle venait, jeune fille, visiter son oncle à Eyne.]

Le mariage de 1803

Elle épouse Liévin François van der Straeten le 13 décembre 1803 à Eyne, quatre ans après le retour de celui-ci de sa détention au Temple. Elle a 35 ans, lui 49. Le mariage religieux suit le dimanche 18 décembre. Le couple aura trois enfants en six ans.

Le rapprochement des deux familles est ancien : le curé Belaen, oncle d'Isabelle, était en poste à Eyne depuis 1779, l'année qui suit l'arrivée de Liévin François comme greffier.

Le patrimoine Duermael et le Grootboek

Le mariage fait entrer dans le ménage des créances de la famille Duermael. Depuis 1794, les Duermael détenaient des inscriptions au Grootboek der Nationale Schuld, le grand-livre de la dette publique néerlandaise. En octobre 1794, Isabelle figure aux côtés de son frère Jean-Baptiste Augustin, de sa sœur Catharina et de la veuve Clara Anna Bernarda van Doore parmi les signataires d'une procuration au sollicitateur Nicolas de Vries Robbé, à La Haye, pour la perception et l'inscription de ces créances.[grootboek1794]

La liquidation aboutit trente-deux ans plus tard : le 30 septembre 1826, Liévin François reconnaît avoir reçu des mains de son beau-frère la somme de 12 238 florins néerlandais, montant le plus élevé du fonds Duermael. Cette somme relève du patrimoine propre de l'épouse.

Correspondance

Le fonds conserve plusieurs lettres de sa main, cas peu fréquent pour une femme de sa génération dans ces archives. Elle écrit à sa sœur en 1800 (affaire de la pastorij) et en 1820 (répartition successorale Duermael). Une lettre datée d'Eyne le 2 octobre 1827 lui est attribuée [attribution à vérifier : sa mère était morte en 1780, et la lettre pourrait être de sa fille Marie]. Une lettre de 1823 mentionne son fils Amand et la charge de greffier.[lettres]

Elles attestent qu'elle suivait les affaires de sa famille d'origine et prenait part aux arrangements successoraux.

Le procès de la brasserie (1823-1825)

Le 26 septembre 1823, Isabelle et son mari sont assignés conjointement devant le tribunal de première instance de Gand par la branche gantoise des Duermael, Francis Ferdinand et Joanna Judoca Cathrina, brasseurs, dans un litige sur l'indivision d'une succession et d'une brasserie. L'affaire, plaidée par l'avoué Jacobus Joannes Eggermont, dure jusqu'en 1825. Isabelle est assignée en son nom propre, le litige portant sur sa succession familiale.[eggermont]

Le veuvage (1828-1858)

Liévin François meurt le 8 novembre 1828. Isabelle lui survit trente ans. L'huilerie de Mullem et le reste du patrimoine demeurent dans ses biens, et l'exploitation continue de tourner sous son nom : les pièces conservées sont des factures adressées à la veuve, des livraisons de graines, des ventes d'huile et de tourteaux. [Ces pièces établissent que l'affaire est en activité et que la veuve en est titulaire ; elles n'indiquent pas quelle part Isabelle prenait elle-même à la conduite des opérations.]

Pour les funérailles, elle fait livrer 42 cierges de cire blanche de première qualité, pour 79 florins et 16 stuyvers, réglés le 28 novembre 1828. En 1836, elle fait encore réparer « l'horloge de Monsieur Lievin » chez l'horloger Metchlien van Cauwenberghe à Audenarde. L'huilerie reste en activité : un reçu de Louis Maryns atteste la livraison de 50 sacs de lijnzaed pour 666 florins, et les ventes de stoop olie et de tourteaux sont encore documentées en 1838, dix ans après la mort de son mari.[veuve] Son fils Liévin François (1809-1846) l'assiste dans la gestion dès 1836.

Elle meurt à Eyne le 31 mars 1858, à 90 ans, et repose auprès de son mari sous la pierre de gauche du calvaire du cimetière d'Eyne, qui porte la liste de leurs enfants.

Sources

Fonds Familie Duermael (Archives de l'État à Gand) ; archives familiales ; biographie de Liévin François par José Claeys Boúúaert pour le cadre général. Les faits datés sont référencés en note ; les réserves, et les lectures non vérifiées sur l'original, figurent entre crochets.

[grootboek1794] ↑ Procuration au sollicitateur Nicolas de Vries Robbé, La Haye, pour perception et inscription au Grootboek der Nationale Schuld, 28 octobre 1794 (fonds Duermael). Signataires : Isabelle Duermael, Joannes Baptiste Augustinus Duermael, Catharina Duermael, et la veuve Clara Anna Bernarda van Doore.

[lettres] ↑ Lettres autographes d'Isabelle Duermael, fonds Duermael : à sa sœur, 1800 et 1820 ; mention d'Amand, 1823 ; lettre à « Madam », Eyne, 2 octobre 1827 (T-482, T-483), attribution incertaine.

[eggermont] ↑ État de frais et correspondance de l'avoué Jacobus Joannes Eggermont, Gand, 1823-1825 (fonds Duermael). Assignation du 26 septembre 1823 ; lettres des 23 septembre et 30 octobre 1825 ; quittances de débours notariés, mai 1824.

[veuve] ↑ Factures et reçus des archives familiales : cierges de funérailles (facture Tacky, 28 novembre 1828) ; réparation d'horloge (Metchlien van Cauwenberghe, facture du 8 février 1837) ; livraison de graines de lin (reçu Louis Maryns) ; ventes d'huile et de tourteaux, 1838.

Sommaire
Fiche d'identitéOrigines Le calice d'étainLe mariage de 1803Le patrimoine Duermael et le GrootboekCorrespondanceLe procès de la brasserie (1823-1825)Le veuvage (1828-1858)Sources