Fiche d'identité
| Nom | Liévin François van der Straeten (formes attestées : Livinus Francies, Lieven-Frans, L. F. Vanderstraeten) |
|---|---|
| Naissance | Vlierzele, 11 mars 1754, baptisé le 14 mars [la pierre tombale ne grave que la date de baptême] |
| Décès | Eyne, 8 novembre 1828, à 74 ans |
| Parents | Maximilien van der Straeten (†1780) et Isabelle Thérèse Standaert (1732-1791) |
| Épouse | Isabelle Jeanne Catherine Duermael (1768-1858), mariage le 13 décembre 1803 |
| Enfants | Marie Athanasie (1804-1833) ; Amand (1807-1873) ; Liévin François (1809-1846) |
| Domiciles | Vlierzele, puis Eyne à partir de 1778 ; comptoir à Eyne, bureau à Gand à partir de 1820 |
| Offices attestés | Greffier d'Eyne, Heurne et Mullem (1778-1795) ; bailli d'Eke et d'Auweghem (1780) ; priseur et partageur assermenté de la châtellenie d'Audenarde ; receveur des comtes de Lichtervelde et de Tienen ; puis négociant et huilier |
Repères chronologiques
- 1754 — naissance à Vlierzele le 11 mars, baptisé le 14.
- 1763 — le comte de Lichtervelde achète la baronnie d'Eyne ; le greffe est confié aux van der Straeten.
- 1778 — nommé greffier d'Eyne, Heurne et Mullem, à 24 ans, et s'installe au village (détail).
- 1780 — commission de bailli d'Eke, le 23 octobre, octroyée par le comte de Lichtervelde.
- 1783 — première mention imprimée comme agent de ventes publiques (détail).
- 1788 — procuration générale et irrévocable du comte pour l'ensemble de ses seigneuries (31 juillet) ; achat de l'« Ammanye » à Eyne.
- 1790 — son nom figure parmi les volontaires patriotes d'Audenarde.
- 1794 — achat du Bekemolen de Mullem, ferme, moulin à blé et pressoir à huile (détail).
- 1795 — les cours seigneuriales sont supprimées : il perd le greffe qu'il tenait depuis dix-sept ans.
- 1798 — le 26 octobre, la Boerenkrijg atteint Eyne et il défend les registres communaux ; arrêté comme otage en décembre, il arrive au Temple le 13.
- 1799 — libéré le 14 mai après cinq mois ; première écriture de son registre de négoce dès le 6 juillet.
- 1803 — mariage avec Isabelle Duermael, le 13 décembre (civil) et le 18 (religieux).
- 1811-1820 — dirige des ventes publiques à Mullem, Eyne et Heurne ; ouvre un bureau à Gand en 1820.
- 1817-1825 — contentieux avec l'administration des eaux, puis procès successoral contre la branche gantoise des Duermael (détail).
- 1828 — mort à Eyne le 8 novembre, inhumé au calvaire du cimetière d'Eyne.
Origines familiales
- Parents : Maximilien van der Straeten (filius Pieter ende van Joanne van Aelbrouck, †8 novembre 1780, "oud 63 jaer"), bourgmestre de Vlierzele et Bavegem (« borgemeester », selon sa pierre tombale), greffier de la Heerlijkheid van Ter Breemt (seigneurie des Lichtervelde) ; et Isabelle Theresia Standaert (1732-1791), "filia Rochus", native d'Hillegem.[tombMax] [Note : la tombe de Maximilien donne "2 novembre 1780" et "Isabelle Catharina Standaert filia Riochus", mais l'inventaire officiel (Archives de l'État à Gand, N. 98 f. 187bis, inv. Vlierzele) corrige en "8 Novembre 1780" et "Isabelle Theresia Standaert fa Rochus". L'inventaire, acte juridique, est retenu de préférence à la pierre tombale. La mère de Maximilien est confirmée : Joanne van Aelbrouck (= van Kelbrouck).]
- Fratrie (d'après la tombe de Maximilien et l'inventaire Standaert de 1782, dans l'ordre) : Sébastien (l'aîné, "greffier der selve heerlijkheid Ter Breemt", continue la charge de son père ; réside à Gand et agit comme vooght paternel des mineurs dans l'inventaire) ; Livinus Francies (= Liévin François, "syn selfs" = majeur en 1780) ; Marie Alexandrinne (mariée à Ferdinandus Matthys, à Wetteren) ; Joannes Francies (22 ans en 1780, donc né ca. 1758) ; Marie Lucie (19 ans en 1780, donc née ca. 1761 ; °28 janvier 1763 selon d'autres sources, x Geeraard de Vuyst, notaire à Borsbeke, †ibid. 23 decembre 1817) ; Joannes Anthonius (13 ans en 1780, donc né ca. 1767 ; moine premontré à l'abbaye du Parc, curé de N.-D. au Bois pendant trente ans) ; Caroline Livyne (11 ans en 1780, donc née ca. 1769) ; et Norbertus vander Straeten (8 ans en 1780, donc né ca. 1772). L'inventaire de 1782 ne liste que huit enfants ; Constantinus, présent sur la tombe de Maximilien, est absent de l'inventaire, ce qui suggère qu'il est décédé avant 1780 (en bas âge). Le vooght maternel est Sieur Anthone-Francies vander Meiren, tot Velsicque (parent par la mere Standaert).
- Ter Breemt : la seigneurie de Ter Breemt appartenait aux Lichtervelde. Maximilien en était greffier, et Sébastien (frère aîné de Liévin François) lui succéda dans cette charge. José Claeys Boúúaert le confirme dans son Esquisse biographique : « Son frère aîné, Sébastien, se fixa plus tard à Oordegem, succédant à son père comme greffier de ter Breemt ».
- Sébastien, receveur des comtes de Lichtervelde : l'inventaire du fonds Duermael aux Archives de l'État à Gand lui consacre une série entière : « Stukken betreffende Sebastiaan Vander Straeten als ontvanger van de graven van Lichtervelde, 1728-1817 » (nos 543-549). On y trouve la perception des dîmes (1759-1817), des quittances de paiement de dettes et de frais (1776-1779), et un procès intenté contre lui devant le bourgmestre et les échevins de Herzele par Jacob Philippe Vande Boom (1786-1787). Le frère aîné était donc, outre greffier de seigneurie, le receveur des seigneurs, chargé de percevoir leurs revenus. Les deux frères servaient la même maison, Sébastien comme receveur, Liévin François comme greffier et bailli, puis, à partir de 1787-1788, comme receveur à son tour.
- Tombe de Vlierzele : selon Claeys Boúúaert, « une pierre tombale en marbre blanc dans l'église de Vlierzele nous rappelle cette famille de neuf enfants ».
- L'oncle prémontré : Jean-Antoine, deuxième fils de Maximilien, chanoine prémontré de l'abbaye du Parc près de Louvain, fut trente ans curé de Notre-Dame-au-Bois (Jezus Eik), à laquelle il donna le banc de communion « qui existe encore aujourd'hui » (1973) ; c'est lui qui, avec quelques amis, racheta l'abbaye du Parc après la Révolution française pour la restituer à son ordre.
Portrait physique
Claeys Boúúaert le décrit comme un "homme de taille moyenne (1,60 m.), solide de carrure, aux cheveux brun foncé tombant sur un front bas, aux yeux gris-bruns, le menton rond et le visage plein". La petite vérole, contractée dans l'enfance, marqua son visage pour le reste de ses jours. Aucun portrait peint de lui n'est conservé dans les archives familiales.
Le signalement du document d'admission au Temple (24 frimaire an VII) confirme et précise : "Vanderstraeten (Liévin François), âgé de 43 ans, natif de Vlierzele, département de l'Escaut, négociant et ex-greffier d'Eyne, même département, y demeurant. Taille 5'3'', cheveux bruns foncés mêlés de gris, sourcils châtains, front bas, yeux gris bruns, nez gros, bouche moyenne, menton rond, visage plein et fortement marqué de petite vérole." [L'âge de 43 ans est celui déclaré au greffe : né en mars 1754, Liévin François en avait 44 en décembre 1798.]
Claeys Boúúaert lisait dans son écriture, arrondie et ornée, « un tempérament facile, équilibré et une grande assurance », appréciation graphologique de son biographe.
Formation et entrée dans la carrière
Il reçut une instruction bilingue (français et flamand). Le gouvernement de Bruxelles exigeait le bilinguisme de ses fonctionnaires.
Au siècle des Lumières, les opinions dans les Pays-Bas autrichiens se partageaient entre deux tendances, qui se manifestèrent pendant la Révolution brabançonne : les libéraux, partisans du changement, et les conservateurs ou statistes, attachés aux anciennes institutions. Les opinions politiques de Liévin François ne sont pas connues : ses lettres n'en disent rien, et aucune pièce du fonds ne les documente. Deux faits sont établis : son bilinguisme, attesté par ses écrits, et son activité sous trois régimes successifs, autrichien, français puis hollandais. [Les biographes familiaux ont proposé deux hypothèses : un penchant conservateur, par tradition familiale et proximité du clergé, ou un ralliement aux idées nouvelles après son séjour forcé à Paris, qui rendrait compte de l'éducation libérale donnée à ses enfants. Aucune ne repose sur une source.] Son fils aîné Amand fut libéral dès 1830 et eut des démêlés avec le clergé intransigeant de la paroisse (voir la biographie d'Amand).
La famille entretenait de bonnes relations avec le comte de Lichtervelde, baron du Herzele voisin, seigneur d'Eke sur l'Escaut, d'Ouweghem, de Berlaere. Liévin François tint de ce seigneur sa charge de greffier en 1778.
Charges et fonctions sous l'Ancien Régime
Arrivé à Eyne en 1778 à l'âge de 24 ans, il cumule trois charges distinctes :
- Greffier de la seigneurie d'Eyne, Heurne et Mullem.
- Bailli d'Eke et d'Auweghem (sur la pierre : "van Eeke en Auwegem").
- "Gezworen pryser ende Deelman van de stad en kasselr[ye] van Audenaerde" (priseur et partageur assermenté de la châtellenie d'Audenarde) : titre gravé sur sa pierre tombale. Le pryser est l'estimateur de biens ; le deelman, l'officier procédant aux partages successoraux et divisions foncières.[tombLF]
- Receveur de la châtellenie d'Audenarde (titre non établi). Une fiche généalogique lui donne, en toutes lettres, « Greffier de la seigneurie d'Eyne, Heurne et Mullem, Bailli de Eke et de Auweghem, Receveur de la Chatellenie d'Audenaerde ». Ce titre ferait de sa recette une charge publique et non seulement seigneuriale. Cette fiche est une source de seconde main : la pierre tombale le dit priseur et partageur assermenté de la châtellenie, et l'inventaire du fonds Duermael receveur des comtes. Aucune pièce administrative n'atteste ce titre.
- La répartition des charges entre le père et les deux fils : Maximilien puis Sébastien tiennent Ter Breemt (greffe et recette) ; Liévin François tient Eyne. Les offices se répartissent entre les membres d'une même famille d'officiers.
- Receveur des comtes de Lichtervelde et des comtes de Tienen. L'inventaire du fonds Duermael (Archives de l'État à Gand) organise sa vie publique en six sections ; la quatrième s'intitule « d. Ontvanger van de graven van Lichtervelde en de graven van Tienen » : greffier d'Eyne et Heurne, greffier de Mullem, receveur des comtes de Lichtervelde et de Tienen, bailli d'Eke, et enfin « zakenman/olieslager in Eyne » — homme d'affaires et huilier. Les pièces vont de 1699 à 1826 et comprennent la gestion des biens du comte à Steenhuize, Wijnhuize et Eke, ses quittances, et vingt et un dossiers de procès (nos 339-359, 1756-1801) où les comtes sont parties.
- Une charge de famille sur trois générations (hypothèse). Les pièces les plus anciennes de ces séries — 1699, 1728, 1752 — sont antérieures à la naissance de Liévin François (1754) et ne peuvent donc pas être de lui. La recette des Lichtervelde pourrait avoir été tenue par les siens avant lui, puis être passée à son frère Sébastien (série 543-549, jusqu'en 1817) : le père et les deux fils auraient alors servi la même maison, dans une charge héritée plutôt qu'obtenue. [Un fonds familial agrège aussi des titres plus anciens sans rapport avec ses détenteurs successifs ; l'inventaire ne donne pas le nom du titulaire de chaque pièce, et la transmission n'est pas établie.]
Les sources attribuent à Liévin François trois fonctions distinctes : priseur et partageur assermenté de la châtellenie d'Audenarde (attesté par la pierre tombale) ; receveur des comtes de Lichtervelde et de Tienen (attesté par l'inventaire du fonds Duermael) ; receveur de la châtellenie d'Audenarde, qui n'apparaît que dans une fiche généalogique de seconde main et n'est pas établi sur pièce administrative. La troisième ne se déduit pas des deux premières.
Les registres de la baronnie d'Eyne pour 1779-1781 mentionnent les noms de Sébastien van der Straeten et de Liévin van der Straeten comme faisant office de baillis et receveurs à Eyne (Claeys Boúúaert).
La commission de bailli d'Eke est octroyée le 23 octobre 1780 par Charles Joseph François Xavier Hyacinthe, grave ende Baron van Lichtervelde, suite au décès de son prédécesseur Sieur Frans Vander Cruijssen.[duermael400] Le dossier DUERMAEL 400 comprend deux pièces solidaires : la commission originale signée du comte et scellée de cire rouge, et la passeringe (procès-verbal de prestation de serment) devant le bourgmestre et les échevins d'Eke.
La charge conférée à Liévin François est uniquement le baillage d'Eke op de Schelde, conféré "per interim et jusqu'à révocation", formule typique de l'Ancien Régime autrichien, à la volonté du seigneur. La charge inclut également la direction du Leenhof (cour féodale) du château et du domaine d'Eke. Liévin François prête le serment anti-simoniaque prescrit par les placards de Marie-Thérèse du 12 janvier 1746, publiés au Consistoire du Conseil de Flandre le 17 mars 1749 : déclaration solennelle qu'il n'a ni offert ni promis argent ou autre chose pour obtenir l'office.
L'acte comporte la titulature du signataire, qui y énumère l'ensemble de ses domaines. Le document le désigne comme "Charles Joseph François Xavier Hiachinte Grave ende Baron van Lichtervelde, Baron van Lijne ende Heurne, Heer van Vlaenderen, heere van Eecke op de Schelde, Vrijlande, Geluwe, Deerlijck, Diependaele, Afstele, Mallaerde, &c. &c., Chambellan actuel de Leurs Majestés Impériale, Royale et Apostolique", soit chambellan effectif de l'empereur Joseph II. Le château d'Eke avait été reconstruit en 1753 par ce même Lichtervelde.
Note sur la titulature : parmi les seigneuries énumérées, Eyne et Heurne forment la « baronnie, heerlijcheyt en prochie van Eyne en Heurne », l'une des quatre Beerijen de Flandre ; Geluwe (Flandre occidentale, près de Wervicq) et Deerlijk sont solidement attestées. Vrijlande, Diependaele, Afstele (ou Asche selon la pièce B) et Mallaerde (ou Malherde) restent à identifier.
À l'arrivée de Liévin François à Eyne en 1778, le curé en charge était le révérend M. de Cleene, chanoine de la troisième prébende. Celui-ci avait soutenu un long procès contre deux autres chanoines successifs, le révérend Fr. van der Straeten, puis le révérend H. de Pestere, tous deux titulaires de la quatrième prébende. L'année suivante fut nommé un nouveau curé, le révérend M. Belaen, dont la nièce Isabelle Duermael devint l'épouse de Liévin François vingt-quatre ans plus tard.
En 1788, il achète l'"Ammanye" à Gaspard Seyen. Cette maison, située au centre du village en face du schepenhuis (maison communale), s'appelait "Ammanye" ou "Ammanschap" (de ambtmanschap = maison du fonctionnaire). C'est là que se gardaient les "landboeken", les "renteboeken", les "leenboeken" et autres registres de la baronnie. Le village comptait alors près de 2.000 habitants, dont 350 chefs de famille (mémoire statistique de l'époque, cité par Claeys Boúúaert).
La propriété sera profondément transformée par les générations suivantes : en 1846 d'abord, Amand fit creuser l'étang dans le jardin pour donner du travail aux ouvriers pendant la crise de la pomme de terre ; vers 1875 ensuite, à l'occasion du mariage d'Achille avec Marie van den Peereboom, on fit construire l'étage et le jardin d'hiver (Claeys Boúúaert).
[Les baillis d'Eyne antérieurs, d'après les archives du Fonds Eyne : Pierre Bammydt (1512), Illaire Cabilliau (1557), Antoon Meere et Josse Nasins (1570), Phil. de Schietere (1574), Paul de Schrivere (1592), Arent de Bosscher (1598), Pierre Audoor (1603), Guillaume de Bosschere (1631) ; de 1661 à 1735 la fonction resta dans la famille Lanneau, père et fils.]
La décennie révolutionnaire (1789-1798)
Liévin François a 35 ans lorsque les réformes de Joseph II soulèvent les Pays-Bas autrichiens. L'Empereur entend moderniser l'administration, abolir les privilèges provinciaux, supprimer les cours seigneuriales et réorganiser la justice. Pour un greffier de seigneurie comme Liévin François, ces réformes menacent directement la charge, les revenus et le statut. La Révolution brabançonne de 1789 renverse temporairement la tutelle autrichienne ; les patriotes proclament les États belgiques unis (janvier 1790). Le nom de Liévin François figure sur la liste des corps de volontaires patriotes d'Audenarde dressée par le chroniqueur Bartolomeus De Rantere pour l'année 1790 (environ 300 noms). L'Autriche reprend le contrôle dès décembre 1790.
L'invasion française de 1792, la défaite de Neerwinden (mars 1793) et le repli français, puis la victoire de Fleurus (26 juin 1794) et l'occupation définitive se succèdent en l'espace de deux ans. Le 1er octobre 1795, les Pays-Bas autrichiens sont annexés par la France, découpés en neuf départements ; Eyne relève désormais du département de l'Escaut, chef-lieu Gand. Les cours seigneuriales sont supprimées, et avec elles la charge de greffier de la seigneurie d'Eyne, Heurne et Mullem. Liévin François perd le titre qu'il exerçait depuis dix-sept ans. Le 18 octobre 1796, le collège des chanoines d'Eyne est dissous par le citoyen Jonaud ; les biens d'Église sont confisqués et vendus comme biens nationaux.
L'acquisition qui fonde sa reconversion précède la suppression de sa charge. En 1794, avant l'annexion formelle, Liévin François achète le Bekemolen (moulin à eau de Mullem) aux enchères volontaires, tenues à Audenarde le 29 mars 1794 (annoncé dans la Gazette van Gend du 6 mars 1794). L'acte de vente, conservé dans les archives familiales (transcription dactylographiée, 13 pages), décrit le bien en détail : une ferme avec grange et étables, un moulin à grains hydraulique (Koorn Water-Molen) et un pressoir à huile existant (Olie-Stamkot), le tout sur environ deux bonniers (±2,9 hectares) de terres, viviers et prairies, bordés par la chaussée de Gand à Audenarde (mesure du fief seul, c'est-à-dire du premier lot). L'annonce précise que pour les conditions de vente, il faut s'adresser "ten Komptoire van den Greffier van der Straeten tot Eyne". Cinq lots sont mis aux enchères, avec accumulation possible. La vente nécessite deux actes distincts : l'un devant les échevins de Mullem (droit commun), l'autre devant la cour féodale du Leenhove van Gavre (droit féodal), car le bien est tenu en fief. L'enchère monte progressivement de 350 livres de gros (mise initiale de Jacques Vander Straeten, de Gand) jusqu'à plus de 1 000 livres pour le premier lot seul. Liévin François acquiert ainsi un pressoir en activité, qu'il agrandit et modernise dans les années suivantes. La propriété du bien se laisse suivre avant 1794 : en 1774, Joanna Catharina Vander Straeten [parenté avec Liévin François non établie] et son mari Pieter Joannes De Lepeleere habitaient et exploitaient eux-mêmes cette ferme-huilerie de Mullem, avant d'en mandater la vente pour liquider leurs dettes (DUERMAEL 227).[bekemolen1774] En 1794, c'est Liévin François lui-même, alors greffier en exercice, qui sert d'intermédiaire officiel pour la deuxième mise aux enchères du même bien, le comptoir d'inscription étant à sa propre adresse à Eyne ; il l'acquiert à cette vente. Les jalons sont les suivants : 1774, vente contrainte par De Lepeleere et Joanna Catharina Vander Straeten ; 1794, acquisition aux enchères par Liévin François ; 1814, huilerie hypothéquée, Liévin François en étant propriétaire ; 1875, bilan d'Achille, 166 847 francs d'actifs.
L'occupation française s'accompagne de mesures qui frappent le monde rural flamand : dissolution des institutions locales, conscription militaire, réquisitions en nature, taxation lourde, persécution du clergé réfractaire. La loi Jourdan-Delbrel du 5 septembre 1798, qui impose la conscription générale, déclenche le soulèvement. Les jeunes paysans flamands s'organisent en bandes armées sous la devise "Voor Outer en Heerd" (Pour l'Autel et le Foyer). Leur tactique : parcourir les villages et détruire les registres de l'état civil servant à établir les listes de conscrits. Liévin François, ancien greffier, a de fait la garde des documents communaux.
La Boerenkrijg à Eyne et l'arrestation (1798)
Le soulèvement s'étend rapidement depuis le premier incident d'Overmere (12 octobre). Le 24 octobre 1798, des incidents éclatent à Herzele et Burst, puis une escarmouche oppose 250 soldats français aux insurgés sur la route d'Audenarde ; les Français, dotés de deux canons, l'emportent. Deux jours plus tard, les insurgés entrent dans Alost par la Geraardsbergsestraat. Herzele est à cinq kilomètres de Vlierzele (village natal de Liévin François) ; Burst est le village ancestral des van der Straeten, celui dont Jacques, ancêtre de Liévin François, était bourgmestre au XVIIe siècle.
Le 26 octobre 1798, lendemain de la prise d'Audenarde, les insurgés, que les sources nomment "brigands", se présentent à Eyne. Certains tentent de pénétrer dans la sacristie de l'église, d'autres s'en prennent au domicile du garde-champêtre ; la majorité enfonce de force la maison communale qui se trouvait à cette époque devant la demeure du greffier. Ils commencent à détruire les registres.
Selon l'attestation signée par 37 notables du village, Liévin François "voyant que quelques brigands s'étaient déjà saisis des registres et papiers publics pour les détruire, les arracha de force, non sans péril de sa vie, et les porta dans sa maison." Les brigands revinrent à la charge et exigèrent les clés de la sacristie. "Il leur reprocha leur brigandage et leur dit qu'il était temps de se retirer, faute de quoi il en était fait d'eux."
L'attestation des 37 notables se concluait par cette déclaration : "que le prédit van der Straeten, leur concitoyen, a montré au temps des troubles une telle fermeté et un tel civisme contre les brigands, qu'on doit attribuer à ses soins et à sa ferme opposition à leurs desseins pervers que les troubles et brigandages dans la susdite commune n'ont eu aucune suite et que les attestants et autres habitants ont évité le pillage ou autres malheurs."
- Perquisition et scellés (déc. 1798) : après son arrestation, le commissaire de la République visita son domicile « à la recherche des armes et munitions de guerre et de papiers compromettants ». Rien ne fut trouvé et les scellés furent levés huit jours après son départ — première inquiétude de Liévin François au Temple, dans sa lettre du 21 décembre à De Meulemeester.
Le lendemain, les soldats français arrivèrent. L'ordre fut rétabli, mais un mandat d'arrêt visait Liévin François van der Straeten.
La prise d'otages pratiquée par le Directoire dans les départements belges est sans précédent dans le droit révolutionnaire. Aucune loi ne l'autorise encore formellement (la "loi des otages" du 24 messidor an VII, soit le 12 juillet 1799, ne sera votée que sept mois après son arrestation). Le Directoire agit en vertu d'arrêtés d'exception pris à la suite de la Boerenkrijg : les administrations départementales sont chargées de dresser des listes de "réquisitionnés" parmi les notables locaux, ex-fonctionnaires de l'Ancien Régime, nobles et parents d'émigrés, tenus pour responsables des troubles en raison de leur influence supposée sur la population. Ces hommes répondent sur leur personne de l'ordre public dans leur commune. La mesure renoue avec une pratique d'Ancien Régime, la garantie par otage.
Sur la liste des otages pour le département de l'Escaut figuraient 59 noms, dont Jean-Joseph Raepsaet, ami personnel de Liévin François et greffier de la châtellenie d'Audenarde (voir sa notice), le comte D'Hane Steenhuyse (Gand) et Della Faille (Gand). Le lien direct entre Liévin François et D'Hane Steenhuyse n'est pas documenté.[listeotages]
Le lien entre Liévin François et Raepsaet tient d'abord à l'institution. Tous deux relevaient de la châtellenie d'Audenarde : Raepsaet comme greffier depuis 1773, Liévin François comme priseur et partageur assermenté. L'épouse de Raepsaet, Marie-Ursule Bauwens, était fille du receveur général héréditaire de cette même châtellenie. À la génération suivante, Amand, fils de Liévin François, et les fils de Raepsaet évoluent dans les mêmes cercles politiques de la Belgique indépendante.
"Lorsque j'ai quitté ma maison, écrit-il, j'ai versé quelques larmes, plus d'indignation et de colère que de tristesse."
La détention au Temple (décembre 1798 - mai 1799)
Le convoi des otages se dirigea vers Paris, aux frais des prisonniers eux-mêmes. La première lettre de Liévin François, écrite à M. De Meulemeester (ami et homme d'affaires), fut envoyée de Pont-Sainte-Maxence, petite ville sur l'Oise, le 12 décembre 1798 :
"Wij syn tot nu toe altyd voorts getransporteerd, maer het cost enorme geld... Daer werden overal mensen genomen. Wat dit alles seggen wilt, den heere wete et..." [Nous avons été transportés sans arrêt jusqu'ici, mais cela coûte énormément d'argent... Partout on prend des gens. Ce que tout cela veut dire, Dieu seul le sait...][temple1]
Les prisonniers arrivèrent à la prison du Temple le 13 décembre 1798, l'admission étant enregistrée le lendemain.[temple2] L'enclos fortifié, bâti par les Templiers au XIIe siècle, servait de prison d'État depuis la Révolution. Louis XVI y avait passé les derniers mois de sa vie avant son exécution (1793). Sous le Directoire, le Temple accueillait les opposants politiques ; les otages belges y côtoyaient des prisonniers de droit commun et des détenus politiques français.
Le document d'admission (24 frimaire an VII) le désigne comme "négociant et ex-greffier d'Eyne", qualification qui reflète la suppression de ses charges et sa nouvelle activité.
Liévin François analyse ainsi son arrestation, dans une lettre à De Meulemeester : "Ick aensie ons gevang als otage ende dat de commissarissen bij de respectieve cantons gemachtigd syn geweest van op te geven die hun dogten meest influentie op het volk te hebben." [Je considère notre emprisonnement comme une prise d'otage, et que les commissaires des cantons respectifs ont été habilités à désigner ceux qu'ils estimaient avoir le plus d'influence sur le peuple.][temple3] Il se considère comme otage, arrêté non pour un délit mais pour son influence locale supposée, conformément aux arrêtés d'exception du Directoire dans les départements belges : les commissaires cantonaux désignent les notables qu'ils estiment capables de calmer la population, et les font arrêter pour garantir l'ordre public.
Les conditions de détention au Temple sont moins dures qu'à Sainte-Pélagie, l'autre grande prison parisienne où sont enfermés certains de ses compagnons, dont Raepsaet : "daer sy moeten met tweeën in eene bedde slaepen ende... in een tonneken staende aen hun voeten, 't gone sy s' morgens nog selven moeten weghdraegen... ende sonder dat sy wandelen hebben." [là-bas ils doivent dormir à deux dans un lit et... dans un tonnelet placé à leurs pieds, qu'ils doivent eux-mêmes emporter le matin... et sans qu'ils aient de promenade.][temple4]
Le ton des lettres est tantôt résigné, tantôt enjoué : "Ten sy dat men op syn affairens dunkt, den tyt passeert alhier seer rapide, men doet niet anders dan drinken, eten ende met de caerte spelen." [À moins qu'on ne pense à ses affaires, le temps passe ici très vite ; on ne fait rien d'autre que boire, manger et jouer aux cartes.][temple5] Puis, ailleurs : "Spaart de wijn... voor het geval dat ik zekeren dag terug kom met enkele vrienden." [Épargnez le vin... pour le cas où je reviendrais un jour avec quelques amis.][temple6]
Le 22 Germinal an VII (10 avril 1799), lettre n°15, il écrit en français : "On me dit que je serois libre le 26 de ce mois, mais on m'a dit tant de mensonges que je ne crois rien, mais je le croirais quand je serois dans la rue ; ne dites rien de tout cela à personne."[temple7]
Le 18 Floréal an VII (7 mai 1799), lettre n°16 : il envoie à De Meulemeester des directives précises pour l'agrandissement de l'huilerie de Mullem, accompagnées d'un croquis avec la place que chaque bâtiment doit occuper et des calculs de capacité des réservoirs.[temple8] Détenu depuis cinq mois, il prépare l'extension de son entreprise. L'huilerie du Bekemolen, achetée en 1794 avec son pressoir existant, prend sous sa direction une importance bien supérieure à celle du moulin d'origine.
Le 14 mai 1799, le décret de levée d'écrou reproduit de larges passages de "l'attestation signée par trente-sept notables d'Eyne en faveur de L. Van der Straeten".[temple9] Ce document, par lequel les notables du village attestent que Liévin François avait défendu les registres contre les brigands (et non encouragé la rébellion), fonde la décision. Liévin François est libéré cinq semaines avant le coup du 30 prairial (18 juin 1799), qui modifie la situation d'autres détenus. Raepsaet, inscrit sur la liste des déportables à Cayenne, ne sera libéré que le 20 mai, six jours plus tard.[temple10]
Liévin François quitta Paris par ses propres moyens, après cinq mois de détention.
Retour à Eyne et reconversion (1799-1828)
La reprise des affaires (été 1799)
À son retour de Paris, les institutions de l'Ancien Régime sont abolies : les cours seigneuriales ont disparu, le greffier n'a plus de greffe, le bailli n'a plus de juridiction, le receveur n'a plus de châtellenie. Lindemans résume sa reconversion en une formule : "na de Franse revolutie olieslager te Eyne" (après la Révolution française, huilier à Eyne).[retour1]
Le Grand Registre Comptable Financier de Liévin François, dont 54 pages sont conservées dans les archives familiales (item 224 du fonds Duermael, Archives de l'État à Gand : "Financiële dagboeken van Lieven Francis Vander Straeten, 1770-1832"), permet de dater précisément la reprise. La plus ancienne entrée de ce registre est datée du 6 juillet 1799 : soit cinquante-trois jours après sa libération du Temple.[retour1b] Ce compte porte sur des livraisons de lin et de graines.
La reprise avait été préparée. Dès 1797, Liévin François avait donné le Bekemolen (moulin de Mullem) en fermage à Jan-Baptist De Bosschere (item 229 du fonds Duermael), assurant la continuité de l'exploitation pendant son absence. Le croquis envoyé à De Meulemeester le 7 mai 1799, une semaine avant sa libération, contenait des plans d'agrandissement de l'huilerie avec des calculs de capacité des réservoirs.[retour2]
L'huilerie du Bekemolen
L'huilerie du Bekemolen, achetée en 1794 avec son pressoir existant (Olie-Stamkot), est agrandie selon les plans conçus au Temple.[retour2] Elle traite deux filières complémentaires, l'huile de lin pour la toile et la peinture, l'huile de colza pour l'éclairage, la cuisine et le graissage des machines. Le détail des produits, du cycle de pressage, des prix pratiqués et de la clientèle locale figure dans l'article consacré au Bekemolen.
L'huilerie change l'échelle de ses affaires. Le Grand Registre documente une quarantaine de contreparties commerciales, avec des comptes bilatéraux formels où ses clients continuent de le désigner "heer greffier van der Straeten tot Eyne" : le titre supprimé par la République reste attaché à son identité.[retour2c] Une lettre de Lokeren du 30 décembre 1807 montre un seul fournisseur réglant une créance de £ 2 196-7-10, soit quatre à six ans de salaire d'un journalier agricole flamand.[retour3] Liévin François est désormais négociant en gros ; il traite à terme et tient des relevés comptables.
Une pièce isolée indique l'ampleur de ses engagements à la fin de la période napoléonienne. Le 23 octobre 1812, il souscrit devant le notaire Raman à Gand un billet à ordre de 3 450 florins argent courant de Brabant (±790 000 €) à échéance du 1er août 1816, soit quatre ans de terme, au bénéfice de "Monsieur Triest fils à Gand", l'une des grandes familles négociantes de la ville.[triest] Un reçu de novembre 1815 confirme qu'il servait 900 francs d'intérêts annuels (±14 000-18 000 €) à l'agent de Triest. Ce seul engagement dépasse tous les comptes individuels du Grand Registre.
Revenus fonciers et crédit
En parallèle de l'huilerie, Liévin François perçoit des baux agricoles (pacht) de plusieurs tenanciers. Le Grand Registre en donne des montants partiels : J.B. De LaVernier, 90 fl. 18 s. au total en 1810-1811, dont 27 fl. de loyer pour 1811 (DUERMAEL 234) ; François Daey[e], 62 fl. de fermage pour 1809 et 1810 ; Petrus Landrien, 76 fl. de fermage, plus 18 fl. pour 1809, dans un compte où figurent aussi 23 sacs de colza livrés en 1810 (437 fl.). Aucun de ces comptes n'indique la surface des terres : les loyers ne peuvent donc pas être comparés entre eux, ni ramenés à un revenu annuel.
La ferme-huilerie de Mullem fait l'objet d'un bail notarié signé en janvier 1811 devant le notaire Bruno Bouÿkins : Liévin François la donne à ferme à Jean-Baptiste De Vriese pour 9 ans (1811–1819/1820) au loyer annuel de 109 francs 45 centimes (±2 200-2 500 €), paiement en août au domicile de Liévin François à Eyne (DUERMAEL 235).[bailmullem] L'état des inscriptions hypothécaires dressé le 25 février 1815 (DUERMAEL 242) révèle qu'en octobre 1814 cette ferme est grevée d'une inscription de 2 222,22 francs (±35 000-44 000 €) au bénéfice de Dame Rosalie Van Parys, veuve de Jean-Baptiste Delcroix, marchande de ferraille à Deinze. L'acte, passé le 14 octobre 1814 devant le notaire Maître Laurent François Adrien Soÿens à Asper (canton de Nazareth), désigne Liévin François comme "ci-devant greffier et présentement huillier".[hypomullem] Les biens grevés comprennent 2 hectares 50 ares 60 centiares pour la ferme et ses deux moulins (le Koorn Water-Molen à blé et l'Olie-Stamkot à huile), plus 1 hectare 43 ares de terre labourable attenante.
Il développe aussi une activité de prêteur et de conseiller financier. Certains comptes du Grand Registre montrent des débiteurs qui lui doivent des sommes importantes (Broche : 980 fl., ±200 000 € ; Prap : 1199 fl., ±240 000 €), suggérant qu'il consentait des délais de paiement importants ou prêtait directement de l'argent.
Ses correspondants, de Gand à Menin (Flandre occidentale), le désignent invariablement "Monsieur le Greffier" ou "Ex Greffier" : le titre est resté attaché à sa personne bien au-delà de l'exercice de la charge. Il tient un "Hantboek" (carnet de comptes personnel) où il consigne ses acquisitions foncières, qu'il appelle "syne conquesten", terme juridique standard des staten van goed flamands désignant les biens acquis pendant le mariage (par opposition aux biens hérités, erfgoed).[retour5] Claeys Boúúaert relève qu'il s'abstint d'acquérir des biens noirs, les biens ecclésiastiques mis aux enchères par la République et souvent vendus à bas prix, alors qu'il disposait des réseaux et du capital nécessaires et que beaucoup de notables en acquirent.
L'huilerie restera dans la famille pendant trois générations : un bilan arrêté au 15 juin 1875 (sous Achille) totalisera 166 847 francs d'actifs (±9,8 M€ ; méthode).[retour4]
Relations politiques et sociales
- Les barons d'Eyne avant Lichtervelde : de Landast (jusque vers 1300), François de Jauche dit de Mastaing (1512), Jacques de Langlé seigneur de Pecq (achat 1595), Charles de Lalaing comte de Hoogstraeten (1616), puis les Reingraf-Salm par héritage (1709) — liste donnée par Claeys Boúúaert d'après DE POTTER, Annales du cercle archéologique et historique d'Audenarde, 1925. La relation entre les van der Straeten et les Lichtervelde remonte donc au moins à la génération de Maximilien, bien avant la procuration de 1788.
La relation avec les Lichtervelde ne se limitait pas au greffe, et elle précède la procuration de 1788. L'inventaire des obligations du comte de Lichtervelde conservé dans le fonds Duermael (DUERMAEL 393) montre que dès 1785, Liévin François et son frère aîné Sébastien figuraient tous deux comme créanciers personnels du comte de Lichtervelde (Charles, baron d'Eyne, ou son frère Emmanuel : l'inventaire ne le précise pas) : Liévin François pour une obligation de £ 200 gros de capital (la livre de gros de Flandre valant 6 florins : 1 200 florins, ±280 000 €), portant intérêt au denier 25 (soit 4 %), en date du [6 janvier] 1785 ; Sébastien pour £ 100 gros courant (au plus 600 florins, soit ±140 000 €), à quatre pour cent, en date du [10 août] 1785.[licht3] En 1785, à 31 ans, Liévin François dispose donc d'un capital suffisant pour prêter à la maison seigneuriale.
Le document porte pour Sébastien « £ 100. o. o. gr. Courant geld … in profe Van Sebastiaen Vander Straeten ». Le nombre 3100 qui figure en marge du compte est un sous-total cumulant plusieurs obligations, déjà libellé en livres de gros : il ne donne pas la somme prêtée par l'aîné. Les dates de jour et de mois sont des lectures de manuscrit, données entre crochets.
Dès le 31 juillet 1788, le comte Emanuel Marie Felix Joachim van Lichtervelde, baron de Luizele, heer de Rooborst, Maerck, Jens et Vander Gracht, lui accorda par acte scellé une procuration générale et irrévocable ("volle macht ende procuratie") pour gérer l'ensemble de ses biens, revenus et seigneuries.[licht2] Le document, rédigé au château de Rooborst et muni du sceau de cire rouge aux armes des Lichtervelde, désigne explicitement "Lievinus Franciscus VanderStraeten fs Maximiliaen, In Steenen der prochie Van Eyne by Audenaerde". La procuration confère la perception de tous les revenus, gestion des maisons, fermes, moulins, moulins à eau, terres, marais et prairies, délivrance de quittances, poursuites judiciaires contre les débiteurs, ventes aux enchères des récoltes sur pied. Liévin François avait 34 ans ; il cumulait désormais le greffe d'Eyne, le bailliage d'Eke et d'Auweghem et l'administration de cinq seigneuries Lichtervelde.
Il était en outre, depuis 1785, créancier du comte. Liévin François continua ensuite formellement comme administrateur des biens de feu François Joseph Guislain de Lichtervelde. Un contrat de bail conservé dans les archives, rédigé en français et daté du 27 février 1800, le désigne en toutes lettres : "Lievin Francois Vanderstraeten, demeurant dans la Commune d'Eyne, arrondissement d'Audenaerde, département de l'Escaut, en sa qualité d'administrateur de feu François Joseph Guislain de Lichtervelde, Rentier de la Commune d'Eyne sur l'Escaut", donnant en bail des terres à Eyne mesurées en "verges anciennes".[licht1]
[Les sources nomment quatre Lichtervelde différents sans que la filiation entre eux soit établie : Charles Joseph François Xavier Hyacinthe (commission de bailli, 1780) ; Emanuel Marie Felix Joachim (procuration, 1788) ; François Joseph Guislain, déjà mort quand le bail du 27 février 1800 le dit "feu" ; et Auguste (lettre de 1817). Les deux premiers sont frères, fils de Charles François Joseph de Lichtervelde (né en 1712) : Charles Joseph François Xavier Hyacinthe (1741-1803), baron d'Herzelles et d'Eyne, dont les prénoms et titres correspondent à la commission de 1780, et Emmanuel (né en 1750), comte par lettres patentes de 1775 (généalogie Woestyne, Annuaire de la noblesse de Belgique, 1865 ; fraternité confirmée par Geoffroy van der Straeten). La tradition familiale veut qu'un comte de Lichtervelde soit mort à Paris en 1803 et inhumé à Berlaere : l'année 1803 est celle de la mort de Charles, mais le lieu n'est pas vérifié, et elle est incompatible avec François Joseph Guislain, décédé avant 1800, qui est donc une autre personne. La succession entre les autres personnages n'est pas établie.]
En 1817, Auguste de Lichtervelde (1779-1830), fils de Charles Joseph François Xavier Hyacinthe (1741-1803) et d'Albertine de Cassina, écrit depuis Gand à Liévin François pour lui confier l'organisation d'une pétition des notables d'Eyne, Heurne et Mullem en faveur du rétablissement des anciennes seigneuries, en vertu de l'article 198 de la loi fondamentale du Royaume des Pays-Bas (1815).[retour6] Il lui enjoint la "plus grande accélération" et conclut : « Je me repose du reste sur vos soins, M. van der Straeten, pour les mesures à prendre à cette occasion », en soulignant que la nomination des autorités locales serait réservée aux seigneurs. La Belgique est alors sous souveraineté néerlandaise (Royaume-Uni des Pays-Bas, 1815-1830) et certains anciens seigneurs espèrent restaurer des formes de juridiction locale. Une génération après la fin des seigneuries, Liévin François reste l'homme de confiance de la maison de Lichtervelde dans la région.
Sa correspondance des dernières années atteste la poursuite de son activité. En mars 1816, un correspondant gantois lui règle via intermédiaire la somme de 106 florins 50 (±21 000-24 000 €) pour compte de la famille Delthauwe, et l'informe d'une affaire impliquant le comte Villain XIIII.[retour7] En février 1827, un membre de la famille Duermael lui écrit de Geraardshoutem pour contester une créance, reconnaissant une dette contractée en décembre 1825. En avril 1827, un débiteur de Menin reconnaît "la réalité de votre prétention" et promet de régulariser sa dette.[retour8]
Les dernières années de Liévin François voient aussi la liquidation du patrimoine néerlandais de la famille Duermael. Depuis 1794, les Duermael détenaient des créances inscrites au Grootboek der Nationale Schuld, le grand-livre de la dette publique des Pays-Bas, créé par la République batave en 1798 pour consolider les anciennes dettes provinciales. En juillet 1814, Liévin François, son épouse Isabelle Duermael, et d'autres membres de la fratrie Duermael mandatent le cabinet de solliciteurs De Vries Robbe & Compagnie à La Haye pour récupérer ou inscrire ces créances au Grootboek.[grootboek] La liquidation n'aboutit que douze ans plus tard : le 30 septembre 1826, Liévin François reconnaît par acte écrit à Eyne avoir reçu des mains de son beau-frère Jean-Baptiste Augustin Duermael (substitut du procureur du Roi à Anvers) la somme de 12 238 florins néerlandais, soit ±1,2 à 1,5 M€ actuels, le montant le plus élevé documenté dans le fonds Duermael. L'acte comporte une clause de restitution en monnaie d'or.
À soixante-douze ans, deux ans avant sa mort, Liévin François gère encore activement son portefeuille de créances.
Un acte de garantie passé devant le notaire Raman à Gand, le 20 juin 1817, atteste un autre lien : Liévin François, désigné "oud greffier van oud lot lyne by audenaerde", y garantit une cession testamentaire au bénéfice de Joannes Henricus Schoormans et de Philippien Jacquelyn Schoormans, veuve d'Emanuel Baert à Gand, en lien avec les testaments de cette dernière (notaire Apres, Gand, 27 mai 1809 et 4 mars 1811). Ces deux Schoormans gantois entretenaient donc une relation d'affaires directe avec Liévin François onze ans avant sa mort. [Une parenté avec le généalogiste Robert Schoorman, auteur en 1905 de la première généalogie de la famille, n'est pas établie, non plus que son accès à ces archives.]
Agent des ventes publiques (1783-1820)
Parallèlement à ses fonctions de greffier et à son activité d'huilier, Liévin François joue pendant trente-sept ans le rôle d'agent officiel des ventes publiques dans la région d'Eyne et d'Audenarde. Quatre sources imprimées en témoignent :
En 1783, la Gazette van Gend (éditeur D.J. Vanderhaeghen) l'indique comme personne de contact pour la vente d'une maison à Eyne "recht over de Kerk Deure" (juste en face de la porte de l'église), avec façade sur la route de Gand à Audenarde. À l'époque il est greffier actif depuis cinq ans, et dispose déjà d'un "Huys en Komptoire" à Eyne.
En 1802, la Gazette van Gend (éditeur Jan Meyer, différent de celui de 1783) le désigne comme "Livinus vander Straeten ex greffier tot Eyne Audenaerde deze verkoopinge dirigerende" (Livinus vander Straeten, ex-greffier à Eyne Audenarde, dirigeant cette vente) pour la liquidation d'une maison ayant appartenu au "gewezen kapittel van S. Eloy tot Eyne" (chapitre de Sint-Eloy, supprimé par la Révolution), vendue pour le compte du chapelain Jan Baptiste Belsens. La propriété borde la même "beke" et le même "Pieter Joannes de Backer" que dans la vente de 1783 : il s'agit peut-être de la même maison ou d'une maison voisine. [Rapprochement fondé sur deux noms de lieu communs, pas sur une identification cadastrale.]
En 1811, les Annonces et avis divers du département de l'Escaut (éditeur de Goesin-Verhaeghe) le citent "Livinus Francies vander Straeten ex greffier tot Eyne by Audenaerde deze verkoopinge dirigerende" pour la vente d'une hofstede à Mullem (wijk van Beke), organisée par le percepteur Ludovicus Allegaert. Les lots 1 et 2 de la vente ont les terres de Liévin François comme bordiers (côté ouest-nord et côté est-sud), confirmant l'étendue de ses possessions foncières autour du Bekemolen.
En 1820, la Gazette van Gend l'indique comme co-responsable (avec le "notaris Heyse, oud greffier tot Eyne") de la vente de dix lots de terres agricoles à Eyne et Heurne, pour les héritiers de Pieter Francies Maebe. Liévin François dispose désormais d'un bureau à Gand, S. Jacobs-nieuwstraete, en plus de son comptoir à Eyne. Il a 66 ans.
Ces quatre sources imprimées, issues de deux journaux distincts sur une période de 37 ans (1783-1820), montrent que Liévin François était non seulement greffier, huilier et gestionnaire de domaines, mais aussi un agent de droit reconnu, à qui les notaires, chapelains et percepteurs de la région confiaient la direction de leurs ventes publiques. Le titre évolue de "tot het voorzeyd Eyne" (1783) à "ex greffier tot Eyne" (1802-1811) jusqu'à un bureau gantois (1820), reflet de sa trajectoire : ancré localement sous l'Ancien Régime, réorienté vers les affaires privées sous le régime napoléonien, et rayonnant jusqu'à Gand dans ses dernières années. Le "notaris Heyse" mentionné en 1820 comme "oud greffier" (lui aussi ancien greffier d'Eyne) est peut-être [lien non établi] l'ancêtre du Heyse qui sera "notaire à Eyne, secrétaire" de la commission de surveillance de la leerwerkhuis en 1857.
En décembre 1817, à 63 ans, Liévin François adresse une pétition de quatre pages au sous-gouverneur d'Audenarde pour contester des irrégularités dans une vente communale à Eyne portant sur 5 716 francs 65 centimes en litige (DUERMAEL 226).[petition1817] Le contentieux remonte à décembre 1816, soit un an de procédure : Liévin François décrit les trois séances de publication légale, marché, publication dominicale à la porte de l'église d'Eyne, et les manquements qui en résultent. Le feuillet final, signé "L Vander Straeten / Le très humble et obéissant Serviteur", reprend en 1817 les formules de politesse de l'Ancien Régime. Ce dossier confirme que l'ancien greffier, retiré de ses charges officielles depuis 1815 environ, restait un requérant administratif actif, familier des procédures du Royaume-Uni des Pays-Bas.
La même année s'ouvre un autre contentieux. Liévin François avait acheté en 1810 une prairie nommée « de Motte », traversée par un ruisseau qu'il déplace avec l'accord écrit du maire d'Eyne. Le 8 novembre 1817, le commissaire des eaux Pieter de Contreras et le maire dressent procès-verbal et lui ordonnent de rétablir le cours ancien. Liévin François proteste par deux lettres successives (22 août et 18 septembre 1818) auprès du commissaire du district d'Audenarde, dénonçant ce qu'il présente comme l'acharnement conjoint du maire et de Contreras. L'affaire monte jusqu'au Collège des États Députés de la Flandre Orientale, qui statue à Gand le 13 février 1819 : deux commissaires (MM. Goppens et Cornelis) sont désignés pour se rendre sur place à Audenarde et Eyne début mars 1819 et constater eux-mêmes la position réelle du ruisseau et des dérivations pratiquées.
Quelques années plus tard, Liévin François et son épouse Isabelle Duermael sont assignés (26 septembre 1823) par la branche gantoise des Duermael — Francis Ferdinand et Joanna Judoca Cathrina Duermael, brasseurs à Gand — dans un différend sur l'indivision d'une succession et d'une brasserie. L'affaire se plaide devant le tribunal de première instance de Gand ; l'avoué de Liévin François, Jacobus Joannes Eggermont, produit un état de frais détaillé (18 florins 73) et une correspondance suivie (23 septembre et 30 octobre 1825) où Liévin François, alors âgé de soixante et onze ans, négocie encore lui-même le projet de partage avec l'avocat Puling. Le litige se conclut par des quittances de débours notariés en mai 1824.
Le premier bourgmestre d'Eyne sous le régime français fut M. Bekaert (ami et cosignataire de la pétition de 1798, et par ailleurs client de Liévin François pour des barils de bière, selon le Grand Registre) ; sous le régime hollandais ce fut Jean-Baptiste Amelot (famille amie, ancêtre de la belle-fille d'Amand).
Pour un traitement complet de l'huilerie, voir l'article dédié : L'huilerie van der Straeten : le Bekemolen de Mullem (1794-1986).
Mariage et famille (1803-1828)
Isabelle Jeanne Catherine Duermael (°Gand 20 mars 1768, †Eyne 31 mars 1858) était native de Gand, issue d'une famille patricienne portant d'azur à cinq grappes d'argent, devise DURA MALO. Sa vie propre, son patrimoine et ses trente ans de veuvage font l'objet d'une notice séparée.
Ses parents, selon le registre des mariages d'Eyne (22 frimaire An XII) : père Henri Duermael, mère Catherine Rosa Belaen. C'est par sa mère qu'elle était parente du dernier chanoine-pasteur d'Eyne, Jan Baptiste Belaen (docteur en droit et magistrat). Pendant l'occupation française, Isabelle avait caché chez elle le calice d'étain dont le curé Belaen se servait pour célébrer la messe en clandestinité. Ce calice fut longtemps conservé par la famille.
Mariage civil : 13 décembre 1803 (22 frimaire An XII, registre d'état civil d'Eyne). Mariage religieux : 18 décembre 1803 (dimanche), date donnée par Claeys Boúúaert. Liévin François avait 49 ans, Isabelle 35 ans. [Claeys Boúúaert indique 48 ans pour Liévin François, né en mars 1754.]
Enfants :
- Marie Athanasie (°Eyne 22 septembre 1804, †1833), "jeune personne d'une grande beauté, dont un portrait nous a conservé les traits" (Claeys Boúúaert). Liévin François l'envoie en pension à Lille en 1820, à 16 ans, à la Maison d'Éducation des Dames Comère et Mairesse, établissement privé catholique de la Restauration. Deux lettres conservées de sa main (DUERMAEL 223), dont l'une datée du 23 décembre 1820, se conclut : "Votre attachée fille / Mᵉ Vanderstraeten". Son bulletin scolaire officiel imprimé (Comère et Mairesse) est également conservé. Épouse François Jean Maes (°Gand 23 juin 1795) le 28 avril 1830 à Eyne ; union malheureuse, décédée sans descendance à 28 ans. [Note : Claeys Boúúaert l'appelle simplement "Marie" ; le registre d'état civil d'Eyne donne "Marie Athanasie".]
- Amand Jean Norbert (°Eyne 28 février 1807 [la pierre tombale grave le 25], †25 novembre 1873), bourgmestre d'Eyne à vingt-trois ans, qui suit. Au Collège Royal de Gand à partir de 1822 (15 ans), il entretient avec Liévin François une correspondance régulière : sa lettre du 4 novembre 1822 décrit sa journée type à l'établissement ; celle du 16 avril 1823 identifie explicitement ses deux frères comme pensionnaires du même collège. Des tantes Duermael résidentes à Gand (Jeanne et Marie) les accompagnent le dimanche. [Notes : (1) le 28 février 1807 est la date de la généalogie familiale ; la pierre tombale grave "25 FEBRUARIJ 1807". (2) La pierre porte "BURGEMEESTER VAN EYNE GEDURENDE 43 JAREN", ce qui concorde avec un mandat de 1830 à 1873.]
- Liévin François Jean-Baptiste (°Eyne 12 décembre 1809, †24 novembre 1846), négociant en matériaux de construction. Également au Collège royal de Gand en 1822-1823, à douze et treize ans : sa lettre d'excuse autographe du 11 février 1823, signée "L. Vanderstraten", fait suite à une plainte du directeur transmise à Liévin François. Il est rétrogradé de la 6e à la 7e classe le 14 avril 1823, premier indice documenté de ses difficultés scolaires. Épouse Justine Vyvens (°1819), fille de Lucie van der Straeten, ce qui fait de lui l'époux de sa propre cousine. Les deux familles étaient aussi voisines : en janvier 1837, rapportant un début d'incendie à Eyne, Den Vaderlander situe la maison touchée sur la chaussée d'Audenarde à Gand, « en face du petit château de MM. Vyvens » et contre « la ferme et les bâtiments de M. Van der Straeten ».[Vaderlander 1837] Laissa trois enfants orphelins (12, 10 et 2 ans) dont Amand sera tuteur.
Les deux fils furent à l'origine d'une nombreuse postérité. Une branche de la famille émigra en Amérique, s'établissant à Tulsa, en Oklahoma (Claeys Boúúaert).
Il mourut le 8 novembre 1828 à 74 ans. Ses funérailles furent célébrées à l'église d'Eyne les 25 et 26 novembre 1828 (deux jours de cérémonie, dix-sept jours après le décès). Pour la cérémonie, la veuve fit livrer 42 cierges de cire blanche de première qualité, pour un montant de 79 florins et 16 stuyvers (±16 000-18 000 €), réglé le 28 novembre 1828 (facture signée Tacky, archives familiales). Il repose au cimetière d'Eyne, sa pierre tombale dressée devant le calvaire bordé de deux ifs.[tombales] De part et d'autre du Christ, deux pierres tombales furent érigées. Son épouse lui survécut trente ans (†31 mars 1858, à 90 ans) et continua de gérer le patrimoine et l'huilerie, encore active à grande échelle en 1838 — voir sa notice.[veuve1][veuve2] Son fils Liévin François (1809-1846) était actif dans la gestion des biens dès 1836 ("mynheer L. Van der Straeten", facture de vitrier C.J. Braems).
Portrait moral (Claeys Boúúaert)
José Claeys Boúúaert S.J. conclut son Esquisse en ces termes :
"Il laissait derrière lui un souvenir bien attachant, par son dévouement à sa famille et les services rendus à ses concitoyens, par ses qualités foncières de travail persévérant, fécond et honnête, ainsi que par le succès qu'il mérita, et surtout par l'exemple d'une rare souplesse d'adaptation aux situations changeantes de la vie. Il avait servi son pays et ses compatriotes, en toute loyauté, sous des régimes politiques successifs bien différents les uns des autres ; il avait fait le pont entre l'ancien et le nouveau régime, toujours il était resté un homme droit et intègre, fidèle aux traditions et ouvert au progrès. Sans pour autant tomber dans l'opportunisme, il avait réussi cette chose bien difficile à réaliser : être et rester un homme de son temps, s'accomodant de tout, dans la mesure du possible, faisant son profit de tout, en toute honnêteté.
Et enfin, il avait été courageux. Les dangers qui l'avaient souvent environné, loin de le paraliser comme tant d'autres, avaient plutôt stimulé son audace et son goût de l'action."
Sources documentaires
Sources : Esquisse biographique de José Claeys Boúúaert s.j. ; version néerlandaise 2019 ; Lindemans, Land van Aalst, 1955 ; van Rynenghe de Voxvrie, Tablettes des Flandres, 1972.
- Claeys Boúúaert (J.), S.J., Esquisse biographique de Liévin-François van der Straeten (PDF, ~15 p., archives familiales). Texte de référence, avec citations de lettres originales.
- Claeys Boúúaert (J.), Lieven-Frans VAN DER STRAETEN (Vlierzele 1754 - Eyne 1828), version néerlandaise 2019, archives familiales.
- L. LINDEMANS, Het Geslacht de Vuyst en verwante Familiën, dans Land van Aalst, 1955, p. 93.
- Ch. van RYNENGHE de VOXVRIE (dir.), W. van HILLE, Familles de Westflandre. Généalogies Erreboot, d'Obercourt-Duermael, t. II, dans Tablettes des Flandres, Document 6, Annexe 1, Bruges, 1972, p. 167 (épisode du Temple : dates 15/12/1798 et 14/05/1799).
- Document d'admission au Temple, 24 frimaire an VII (cité dans l'Esquisse).
- Attestation des 37 notables d'Eyne (cité dans l'Esquisse).
- Registres paroissiaux de Vlierzele (baptême 14 mars 1754).
- Registres paroissiaux d'Eyne (actes de naissance, acte de décès).
- Archives familiales : correspondance de la période du Temple (lettres numérotées conservées).
- Bartolomeus De Rantere, Dagboek (chroniqueur d'Audenarde) : liste des volontaires patriotes 1790.
- Grand Registre Comptable Financier (54 pages, archives familiales). Correspond à l'item 224 du fonds Duermael (Archives de l'État à Gand, BE-A0514_107901_110009_DUT) : "Financiële dagboeken van Lieven Francis Vander Straeten, 1770-1832". Source directe de premier ordre pour la reconversion économique de Liévin François.
- Inventaire du fonds Duermael, rédigé par Elke Van den Broecke (Archives de l'État à Gand). Classement officiel de Liévin François sous la rubrique "Zakenman/olieslager in Eyne" (homme d'affaires / presseur d'huile à Eyne).
- Liasse de comptes Familie Duermael 249 (26 pièces, 1814-1839). Reçus, factures d'artisans, comptes bilatéraux couvrant la transition Liévin François → Veuve Isabelle Duermael → Amand. Source de premier ordre pour les funérailles (A. Tacky, cirier), la gestion post-mortem de l'huilerie (50 sacs lijnzaed, Louis Maryns, 666 fl.), et la vie quotidienne de la famille (horloger van Cauwenberghe, vitrier Braems, charron Henneghien).
[temple1] ↑ Lettre n°1, Pont-Sainte-Maxence, 12 décembre 1798. Archives familiales. Citée dans Claeys Boúúaert, Esquisse biographique, p. 6.
[temple2] ↑ Trois sources discordantes : (1) lettre n°2 (8 Nivôse an VII) : "le 23 du dernier mois" = 23 frimaire = 13 décembre ; (2) document d'admission au Temple : 24 frimaire = 14 décembre ; (3) van Rynenghe de Voxvrie, Tablettes des Flandres, 1972, p. 167 : 15 décembre. La lettre, source primaire de la main de Liévin François, plaide pour le 13, soit une arrivée en fin de journée enregistrée administrativement le lendemain.
[temple3] ↑ Lettre sans numéro, non datée. Archives familiales. Citée dans Claeys Boúúaert, Esquisse, p. 7.
[temple4] ↑ Ibid., description des conditions à Sainte-Pélagie rapportée par Liévin François.
[temple5] ↑ Lettre à De Meulemeester, non datée. Archives familiales. Citée dans Claeys Boúúaert, Esquisse, p. 8.
[temple6] ↑ Ibid.
[temple7] ↑ Lettre n°15, 22 Germinal an VII (10 avril 1799). Archives familiales. Citée dans Claeys Boúúaert, Esquisse, p. 9.
[temple8] ↑ Lettre n°16, 18 Floréal an VII (7 mai 1799). Archives familiales. Croquis joint. Citée dans Claeys Boúúaert, Esquisse, p. 10.
[temple9] ↑ Décret de levée d'écrou, 14 mai 1799. Cité dans Claeys Boúúaert, Esquisse, p. 10.
[temple10] ↑ V. Fris, "Raepsaet (Jean-Joseph)", dans Biographie nationale de Belgique, t. XVIII, col. 561-576. Voir aussi E.-N. Cornélissen, notice dans Annuaire de l'Académie royale, 1837, p. 104-133.
[retour1] ↑ L. Lindemans, Het Geslacht de Vuyst en verwante Familiën, dans Land van Aalst, 1955, p. 93.
[retour1b] ↑ Grand Registre Comptable Financier, p. 29, compte daté du 6 juillet 1799. Archives familiales, item 224 du fonds Duermael (Archives de l'État à Gand, BE-A0514_107901_110009_DUT).
[retour2] ↑ Lettre n°16, 18 Floréal an VII (7 mai 1799). Archives familiales. Croquis joint.
[retour2c] ↑ Ibid., pp. 11, 14, 22, 30, 31, 42 : Liévin François désigné "heer greffier van der Straeten tot Eyne" par ses clients.
[retour3] ↑ Lettre commerciale, Lokeren, 30 décembre 1807, P.M. Verheyden l'aîné à "Vander Straeten tot Eyne". Archives familiales.
[retour4] ↑ "Duplicata du 29e Bilan arrêté le 15 juin 1875, fabrique d'huile de Lin à Mullem", signé Vander Straeten. Archives familiales.
[retour5] ↑ Claeys Boúúaert, Esquisse biographique, p. 12. Le terme "conquesten" n'est pas, comme le supposait Claeys Boúúaert, une marque de fierté personnelle : c'est le vocabulaire juridique standard des staten van goed flamands, où il désigne les biens acquis pendant le mariage (par opposition à l'erfgoed, les biens hérités). Voir : K. Dekoster (UGent), correspondance avec G. van der Straeten, mai 2020 ; Bladwijzer 02, Heemkunde Vlaanderen, 2011 (article sur les staten van goed).
[retour6] ↑ Lettre d'Auguste de Lichtervelde à Liévin François, "Gand ce 10 fever 1817". Original conservé dans les archives familiales. Il enjoint à Liévin François de faire signer des pétitions "chaque village en son particulier" (Eyne, Heurne, Mullem) en faveur du rétablissement des heerlijkheden, conformément à l'article 198 de la loi fondamentale. PS : "je vous recommande la plus grande accélération". La pétition d'Eyne elle-même est conservée, adressée au roi Guillaume Ier en faveur de "Mher Joseph François graef de Lichtervelde". Citée aussi dans Claeys Boúúaert, Esquisse, p. 13.
[retour7] ↑ Correspondance commerciale, mars 1816. Archives familiales.
[retour8] ↑ Correspondance commerciale, février et avril 1827. Archives familiales.
[retour2d] ↑ Lettre de Williame Debaerez à [J.H.] van der Straeten, Gand, 6 octobre 1824. Archives familiales. Nom lu sur la signature par Geoffroy van der Straeten. PS sur un navire de 800 tonneaux arrivant de Calcutta (Bengale) à Anvers, propriété de la Compagnie des Indes orientales de Londres. Seconde lettre de "B. Williams" depuis Audenarde, 22 décembre 1824 ; le lien avec Debaerez n'est pas établi.
[veuve1] ↑ Facture de Metchlien van Cauwenberghe, horlogie macker te Audenaerde, à "De Weduwe van der Straeten te Eyne", 8 février 1837. Mention de "horlogi van Myn heer Leijn" (horloge de Monsieur Lievin [= Liévin François]), fl. 45.
[veuve2] ↑ Reçu de Louis Maryns pour 50 sacs de lijnzaed à 13 fl. 12 st. le sac, total 666 fl. 5 st. Comptes de ventes d'huile et tourteaux, juillet 1838.
[licht1] ↑ Contrat de bail, s.d. [début XIXe], archives familiales (étiquette Familie Duermael 337). Liévin François y est nommé : "Lievin Francois Vanderstraeten, demeurant dans la Commune d'Eyne, arrondissement d'Audenaerde, département de l'Escaut, en sa qualité d'administrateur de feu François Joseph Guislain de Lichtervelde, Rentier de la Commune d'Eyne sur l'Escaut". Acte notarial signé "H. Vanderstraeten" et "De Baets", daté du 27 février 1800.
[licht2] ↑ Procuration du comte Emanuel Marie Felix Joachim van Lichtervelde, château de Rooborst, 31 juillet 1788, sur papier timbré "VIER" des Pays-Bas autrichiens, sceau de cire rouge. Archives familiales (étiquette Familie Duermael 370). Le document confère "volle macht ende procuratie" pour les seigneuries de Luizele, Rooborst, Maerck, Jens et Vander Gracht.
[licht3] ↑ Inventaire des obligations du comte de Lichtervelde, fonds Duermael (DUERMAEL 393). Liévin François : obligation de £ 200 gros de capital, au denier 25, du [6 janvier] 1785 ; Sébastien : £ 100 gros courant, à 4 %, du [10 août] 1785. Le « gros courant » est une variante décotée du gros de change, il ne vaut pas 1/6 de celui-ci. Les nombres 3100 / 583.6.8 / 2516.13 portés en marge du feuillet sont des cumuls partiels du compte, déjà en livres de gros, et ne sont le montant d'aucune obligation particulière. Le signataire de la commission de 1780 est Charles Joseph François Xavier Hyacinthe de Lichtervelde, né le 4 avril 1741 et mort en 1803, comte de Lichtervelde, baron d'Herzelles et d'Eyne, seigneur d'Eecke-sur-l'Escaut et de Heurne : ses prénoms et ses titres correspondent à ceux de la pièce. Il vivait donc encore en 1785 et en 1788. Il avait un frère, Emmanuel Marie Félix Hyacinthe (né en 1750), comte de Lichtervelde par lettres patentes du 7 août 1775, marié à Gand le 3 novembre 1785 à Thérèse van de Woestyne (1762-1827), puis divorcé. Les deux sont fils de Charles François Joseph de Lichtervelde (né en 1712) et de Marie Anne Colette van der Meersche (Annuaire de la noblesse de Belgique, 1865, généalogie Woestyne, par le baron de Stein d'Altenstein, d'après une base généalogique en ligne ; fraternité confirmée par Geoffroy van der Straeten). Lequel des deux frères est le débiteur de 1785 n'est pas établi par nos pièces. La procuration de 1788 donne « Emanuel Marie Felix Joachim » là où la base donne « Hyacinthe » : à revoir sur l'original.
[triest] ↑ Billet à ordre, notaire Raman, Gand, 23 octobre 1812. Bénéficiaire : "Monsieur F. Triest fils à Gand", rue Hauteporte. Montant : 3 450 florins argent courant de Brabant, paiement différé au 1er août 1816, quatre ans de terme. Confirmation par reçu du 17 novembre 1815 : A.H. Macq, agent de Triest, encaisse 900 francs d'intérêts annuels. Liévin François fait appel au même notaire Raman en 1817 (acte Schoormans).
[duermael400] ↑ Commission de bailli d'Eke, 23 octobre 1780. RAG, Fonds Familie Duermael, n° 400. Transcription : Geoffroy van der Straeten. Pour les Beerijen de Flandre : Inventaris Onroerend Erfgoed. Pour le château d'Eke (reconstruction 1753) : Wikipedia NL.
[tombLF] ↑ Pierre tombale de Liévin François van der Straeten, chapelle du calvaire, cimetière d'Eyne (Sint-Salvator), côté gauche. Pierre bleue/ardoise, avec décor funéraire gravé en haut (sablier, crâne, os croisés). Texte en néerlandais ; transcription de Geoffroy van der Straeten. Le titre complet gravé est : "Bailli van Eeke en Auwegem, Greffier van Eyne, Heurne en Mullem, Gezworen pryser ende Deelman van de stad en kasselr van Audenaerde". Le greffiat s'étendait à trois localités (Eyne, Heurne et Mullem), confirmant la tombe de Maximilien ("Eyne en Heeurne"). La pierre donne la date de baptême (14 mars 1754) et non de naissance (11 mars), l'âge de "omtretn de 75 jaeren" (74 ans et 8 mois au décès), et le mariage religieux le 18 décembre 1803. Parents d'Isabelle Duermael identifiés : Henricus Joannes Bernaerdus Durmael et [Catharina] Rosa Belaen.
[tombMax] ↑ Tombe de Maximilien van der Straeten (transcription de Geoffroy van der Straeten). Texte : "Sepulture van Maximilianus Van der Straeten filius Pieter overleden den 2 novembre 1780, oud 63 jaer in syn leven borgemeester der parochie van Vlierzele en Baveghem, greffier van de Heerlijkheid van Ter Breemt ende van joffrouw Isabelle Catharina Standaert filia Riochus suyne huysvrouwe overleden den 24 octobre 1791 ou 59 jaeren acheterlaetene de volgende kindere : Sebastianus greffier der selve heerlijkheid Ter Breemt ; Livinus Francies greffier der prochien ende baronie van Eyne en Heeurne, Baljuw der parochie end baronie van Auweghem ende van Eecke op de Schelde ; Marie Alexandrinne ; Joannes Francies ; Marie Lucie ; Joannes Anthonus ; Constantinus ; Caroline Livine ; Ende Norbertus." Cette tombe nomme l'épouse "Isabelle Catharina Standaert", là où la pierre de Liévin François porte "Isabelle Thérèse" : l'inventaire de 1782 donne « Isabelle Theresia » (voir les origines familiales).
[tombales] ↑ Chapelle du calvaire, cimetière d'Eyne (Sint-Salvator). Deux monuments en pierre bleue flanquent un crucifix central protégé par une grille en fer. Pierre de gauche : commémore Liévin François et Isabelle, avec "HEBBEN GEPROCREERT DES KINDEREN" (ont procréé les enfants) et la liste de leurs enfants nés à Eyne ; se clôt par "BID VOOR DE ZIELEN". Pierre de droite : commémore Amand Jan Norbert Van der Straeten ("ZOON VAN DEN HEER Lijvins Franciscus EN VAN JUFVROUW Isabella Joanna Catharina Duermael"), né à Eyne le 25 février 1807, Chevalier de l'Ordre de Léopold, ancien membre du Conseil provincial, ancien président du Conseil de milice, bourgmestre d'Eyne pendant 43 ans, décédé le 25 novembre 1873, et son épouse Eulalie Caroline Amelot (née à Synghem en 1820, décédée le 17 mars 1879).
[bekemolen1774] ↑ Acte de procuration de Pieter Joannes De Lepeleere × Joanna Catharina Vander Straeten pour la vente de leur ferme-huilerie de Mullem, 17 février 1774 (DUERMAEL 227). Le bien comprend "hofstede, Water-Meulen ende Olie-Stamkot" (ferme, moulin à eau et pressoir à huile). Cause de la vente : liquidation de dettes. Mandataire : Joannes Vander Straeten, greffier de Mullem. Deuxième mise aux enchères du même bien le 29 mars 1794, avec Liévin François Vander Straeten greffier à Eyne comme intermédiaire. Un document de 1737 suggère une présence van der Straeten sur ce site dès la génération de Maximilien.
[bailmullem] ↑ Acte notarié de bail à ferme, janvier 1811, devant le notaire Bruno Bouÿkins à Mullem (DUERMAEL 235). Bailleur : Liévin François Vander Straeten. Preneur : Jean-Baptiste De Vriese (et Jean De Vriese père, illettrés). Durée : 9 ans. Loyer : 109 F 45 par an, paiement en août au domicile de Liévin François à Eyne. Honoraires notariaux : ~69 F. Chaîne locataire Mullem : quittance mai 1810 + bail janvier 1811–1820 + état hypothécaire 1814.
[hypomullem] ↑ État des inscriptions hypothécaires, Conservation des hypothèques de Gand, 25 février 1815 (DUERMAEL 242). Acte source : notaire Maître Laurent François Adrien Soÿens à Asper (canton de Nazareth), 14 octobre 1814, enregistré à Cruyshautem le 2 décembre 1814. Bien hypothéqué : ferme-huilerie de Mullem, "koren-molen en stampkot", ~4,5 ha. Créancière : Dame Rosalie Van Parys, veuve de Jean-Baptiste Delcroix, "koopvrauwe tot Deÿnse" (marchande de ferraille à Deinze). Capital : 2 222,22 francs (= 2222 F 22 c, rente héritée des héritiers de Joseph Delsoir + Vve Delcroix). Liévin François désigné "ex-greffier en présentement huilier" en flamand dans l'acte source.
[petition1817] ↑ Pétition de Liévin François au Sous-Gouverneur d'Audenarde, 10 décembre 1817 (DUERMAEL 226). Quatre pages, encre brune, papier non timbré. Objet : irrégularités dans une vente communale à Eyne portant sur 5 716 F 65 c en litige. Contentieux initié en décembre 1816. Signature finale : "L Vander Straeten / Le très humble et obéissant Serviteur" (graphie 2 mots, formule d'Ancien Régime). Note paléographique : l'en-tête mentionne le baron de Keverberg (gouverneur de FO) ; le feuillet final précise que le destinataire effectif est le Sous-Gouverneur d'Audenarde.
[Vaderlander 1837] ↑ Den Vaderlander, 14 janvier 1837, 1re éd., p. 1 : « in het huys der kinderen Waelkens, landbouwers, gestaen langs de kalseyde van Audenaerde op Gend regt over het kasteelken MM. Vyvens, en ten zuyd-westen nevens het hof en de gebouwen van M. Van der Straeten ». Numérisation BelgicaPress (KBR).
[grootboek] ↑ Procuration de Liévin François "oliestaecker" + Isabelle Duermael + Clara Anne Bernardine van Doorselle (veuve van der Broeck) + fratrie Duermael au cabinet De Vries Robbe & Compagnie à La Haye, ~5 juillet 1814. Objet : récupération ou inscription au Grootboek der Nationale Schuld de créances sur bordereau du 28 octobre 1794. Liquidation : 30 septembre 1826, Liévin François reçoit 12 238 florins néerlandais de JB Augustinus Duermael. JB Augustinus Duermael (1826) = substitut du procureur du Roi au tribunal de première instance d'Anvers ; beau-frère de Liévin François (frère d'Isabelle Duermael). Clause de restitution en monnaie d'or.
[listeotages] ↑ La liste est publiée : abbé Louis Petit, Liste générale des déportés par la loi du 19 fructidor an V, La Rochelle, J. P. Lhomandie, [1800-1808], pp. 68-69, « Liste des citoyens du département de l'Escaut enfermés à Paris » (Gallica, ark:/12148/bpt6k41342s). Liévin François y figure sous la graphie agglutinée « VERSTRAETEN, lievin françois, greffier d'Heyne », avec notamment Jean-Joseph et Jacques Raepsaet.