Fiche d'identité
| Nom | Yvonne Pauline Émilie Marie Hubertine Joséphine Moens de Hase |
|---|---|
| Naissance | Alost, 1er mars 1889 |
| Décès | Eine, 4 mai 1924, à 35 ans |
| Parents | Théodore Moens de Hase (Alost 1859 - Alost 1904) et Marguerite De Coen (Alost 1868 - 1961) |
| Mariage | 13 septembre 1913, avec Pierre van der Straeten |
| Enfants | Six : Achille (Gand, 11 juillet 1914) ; Louis (Eine, 12 octobre 1915 - Gand, 29 juin 1921, à cinq ans) ; Marguerite dite « Daisy » (Eine, 19 juillet 1917) ; Joseph (Gand, 2 décembre 1918) ; Jacques (Eine, 20 avril 1920) ; Étienne (Eine, 5 août 1922) |
Les Moens de Hase d'Alost
Yvonne appartient à une famille industrielle et notable d'Alost, documentée dans le GEDCOM familial sur cinq générations, depuis les Moens de Buggenhout du XVIIe siècle jusqu'aux Moens de Hase du XIXe.[mdh1] Son père, Théodore, meurt en 1904, quand elle a quinze ans ; sa mère, Marguerite De Coen, lui survivra et jouera un rôle décisif après sa mort. Un de ses frères, Gaston, est ordonné jésuite en 1920. Le nom composé vient d'une alliance alostoise de la génération précédente : son grand-père paternel Paul Moens (1818-1889) avait épousé Élisabeth de Hase (1826-1905), joignant deux familles de la bourgeoisie commerçante d'Alost.
Du côté maternel, sa mère Marguerite De Coen (1868-1961) est fille de Gustave de Coen (1818-1888) et de Louise van der Noot de Vrechem (1829-1885), elle-même fille du baron Frédéric van der Noot, bourgmestre d'Alost — une famille patricienne ancienne d'Alost et de Bruxelles. Yvonne grandit ainsi dans un milieu catholique bourgeois comparable à celui des van der Straeten d'Eine.
Le double mariage du 13 septembre 1913
Le 13 septembre 1913, deux mariages sont célébrés le même jour entre les deux familles : Pierre van der Straeten épouse Yvonne Moens de Hase, et Paul Moens de Hase, frère d'Yvonne, épouse Anne-Marie van der Straeten, sœur de Pierre.[mdh2] Deux frères et sœurs d'un côté, deux de l'autre : l'alliance est double et simultanée, cas remarquable dans l'histoire de la famille.
Onze ans, six enfants, une guerre
Son mariage couvre presque exactement la Grande Guerre et l'après-guerre immédiat. Ses six enfants naissent entre 1914 et 1922. L'aîné vient au monde à Gand, et au moins quatre des autres à Eine [le lieu de naissance de Joseph, en 1918, n'est pas renseigné dans le GEDCOM ; la biographie de Pierre le dit né à Gand, sans source appelée — à vérifier]. L'aîné, Achille, né à Gand le 11 juillet 1914, trois semaines avant l'invasion, sera le grand-père de la génération actuelle.
Elle perd son deuxième fils, Louis, le 29 juin 1921 : l'enfant a cinq ans, et meurt la même année que son grand-père Achille. Des six naissances, cinq enfants survivent — ce sont eux que les conseils de famille appelleront les orphelins d'Eine.
Elle meurt à Eine le 4 mai 1924, d'une pleurésie, à 35 ans — la cause qu'inscrit le carnet de Léon Claeys Boúúaert, et que sa notice dans la biographie de Pierre replace dans le sillage de la grippe espagnole de 1918, laissant cinq enfants dont le plus jeune a moins de deux ans. Un conseil de famille se tient le 28 mai 1924 devant la Justice de paix d'Audenarde pour organiser la tutelle.[mdh3]
Après elle
Sa mort ouvre la crise la plus grave qu'ait connue la famille au XXe siècle. Pierre lui survit deux ans et demi et meurt le 10 novembre 1926, laissant les cinq enfants orphelins de père et de mère. Son testament institue sa servante comme tutrice, ce qui provoque un scandale ; Léon Claeys Bouüaert obtient la renonciation de celle-ci, et un nouveau conseil de famille, le 7 décembre 1926, nomme tutrice la grand-mère maternelle, Marguerite De Coen, veuve Théodore Moens de Hase, avec Léon comme subrogé tuteur.[mdh4]
Ce sont donc les Moens de Hase, par la mère d'Yvonne, qui élèvent les cinq enfants d'Eine. La famille de l'épouse ne disparaît pas avec elle : elle prend le relais.
Ce qui reste à établir
- Le lien entre 1918 et 1924 : la pleurésie est attestée par le carnet de Léon Claeys Boúúaert, source contemporaine. Qu'elle découle d'une santé entamée par la grippe espagnole, alors qu'elle était enceinte pendant la deuxième vague, est l'explication retenue — mais aucune pièce médicale la concernant n'est conservée, et le lien n'est établi par aucun document.
- Sa vie propre : aucun écrit d'elle, aucun portrait identifié. Elle n'apparaît que dans les actes de mariage, de naissance de ses enfants et de tutelle.
- Le double mariage de 1913 : les faire-part existent pour les deux unions, mais rien n'éclaire les circonstances de cet arrangement.
Sources
GEDCOM familial (relu et validé par Geoffroy) ; faire-part de mariage de 1913 ; procès-verbaux des conseils de famille de 1924 et 1926 (Justice de paix d'Audenarde) ; carnet de Léon Claeys Bouüaert.
[mdh1] ↑ GEDCOM familial straeten_2026-07-28.ged, individus @I75@ (Yvonne), @I92@ (Théodore), @I212@ (Paul), @I868@ à @I878@ et @I5006@ à @I5016@ pour l'ascendance Moens/Moens de Hase.
[mdh2] ↑ Deux faire-part distincts du 13 septembre 1913, archives familiales : Pierre van der Straeten × Yvonne Moens de Hase (Eine/Gand) et Anne-Marie van der Straeten × Paul Moens de Hase (Eine/Alost).
[mdh3] ↑ Conseil de famille du 28 mai 1924, Justice de paix d'Audenarde, suite au décès d'Yvonne Moens de Hase ; bordereau listant les cinq enfants mineurs avec leurs dates de naissance, recoupé par trois sources indépendantes.
[mdh4] ↑ Conseil de famille du 7 décembre 1926 : Marguerite De Coen nommée tutrice, Léon Claeys Bouüaert subrogé tuteur ; homologation transmise par l'avocat Albert De Riemaecker le 8 mars 1927. Récit contemporain dans le carnet de Léon Claeys Bouüaert, lot 4.