Généalogie

La lignée bruxelloise : origines et filiation directe

Bruxelles, 1344 · vers nos jours
Des deux stamvaders cités à Bruxelles en 1344 à la ligne directe masculine documentée sur dix-sept générations.

Reconstitution établie à partir du GEDCOM Geneanet et des actes d'archives, recoupée avec L. Lindemans, « Het Brussels geslacht van der Straeten », Vlaamse Stam, 25e année, n°2, février 1989, p. 84-96.


Deux généalogies réconciliées

Cette généalogie unifie deux travaux distincts, établis à des périodes différentes et réconciliés par la suite. Leo Lindemans, ancien notaire et ancien sénateur, généalogiste reconnu comme l'était son père, a travaillé sur cette famille pendant près d'un demi-siècle et l'a publiée à trois reprises : d'abord dans Land van Aalst en 1955, où il reconstitue la branche flamande à l'occasion d'une étude sur la famille de Vuyst ; puis dans le Vlaamse Stam en 1989, pour le lignage bruxellois du XIVe au XVIe siècle ; enfin dans le Tableau d'ascendance de la maison royale belge en 2002. Le travail de 1955 établit la lignée flamande trente-quatre ans avant l'article sur Bruxelles, à partir d'archives gantoises distinctes.

Pour la partie bruxelloise, il s'appuie sur les travaux de Jean-Baptiste Houwaert (1626-1688), échevin et secrétaire de la Ville de Bruxelles, qui recopia les anciens registres échevinaux avant leur destruction dans l'incendie de 1695 lors du siège de Bruxelles : plus de 50 registres de généalogies, tableaux de quartiers et preuves, complétés par plus de 80 volumes de « Miroir des preuves qui ne flatte point ».

Indépendamment, Achille van der Straeten (1843-1921) fait établir à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle une généalogie par Robert Schoorman (1856-1935), conservateur des Archives de l'État à Gand. Ce travail, jamais publié, remonte à Jacques van der Straeten (vers 1580, bourgmestre de Burst, Bambrugge, Zonnegem et Kottem, reçu meisenier en 1640) et couvre le XVIIe au XXe siècle ; ses sources, principalement des staten van goed, restent aux Archives de l'État à Gand. Le lien entre les deux généalogies (Lindemans et Schoorman) fut établi par Lindemans lui-même dans le Tableau d'ascendance de la maison royale belge, livre III (d'Udekem d'Acoz, 2002), où la jonction entre Jacques et le lignage bruxellois est décrite sur la base des registres des Meiseniers. Les sources de Lindemans n'ont pas été contrôlées pièce par pièce pour la présente étude ; elles ont été publiées et soumises à la critique de ses confrères, et Lindemans lui-même a soumis en 1990 un correctif à sa propre généalogie.

L'origine bruxelloise et les quatre branches

D'après l'article de Leo Lindemans, « Het Brussels geslacht van der Straeten », la famille van der Straeten remonte à deux ancêtres souches (« stamvaders »), Amelrijc (Amaury) et Goswin (Goossen) van der Straeten, tous deux actifs à Bruxelles au XIVe siècle. Amelrijc est cité directement dès 1344 (« cit. Brussel 1344 ») ; Goswin, prêtre, n'a pas de date de première mention propre dans le texte de Lindemans (seulement sa mort, avant 1405), la première date attestée pour sa lignée n'apparaît que deux générations plus tard, en 1360, avec son petit-fils. Leur lien de parenté exact, frères ou cousins, n'est pas établi avec certitude par Lindemans lui-même, qui note seulement que leurs descendants respectifs portent le même blason : « de gueules au lion d'argent, armé, lampassé et couronné d'or ».

Le nom de famille et ses formes dérivées (Straetmans, Verstraete) sont assez fréquents en Flandre ; les différentes branches ont reçu un surnom qui les distingue. L'origine se trouve à Bruxelles ; la famille s'étend ensuite à Forest, Laeken, Opdorp et Bodegem, puis Vlierzele, Hoogstraten, Breda et Saint-Omer. La ligne directe suit, dans cette expansion, un itinéraire précis : de Laeken (souche de Goswin, XIVe-XVIe siècle) à Vlierzele (Liévin François, né 1754), puis à Eyne (Amand et ses descendants, à partir du XIXe siècle).

La souche d'Amelrijc se scinde en trois branches nommées (« tak » en néerlandais, terme repris ci-dessous d'après Lindemans), tandis que la souche de Goswin reste une lignée unique, soit quatre branches au total :

La famille descend donc de la souche de Goswin. Selon Lindemans, elle appartient à la même famille que les trois branches issues d'Amelrijc : le blason identique, porté par tous les descendants des deux souches, atteste leur parenté, dont le degré exact (frères ou cousins) n'a pu être établi sur pièce.

Deux porteurs du nom sont à écarter de la ligne directe : Philips van der Straeten (meisenier 1555, x Margriet de Kempeneer) et son fils Cornelis Lucas (échevin de Laeken 1641, x Maria van der Hulpen). Philips est le frère d'Adrien, et sa descendance forme la branche restée à Bruxelles. La filiation ci-dessous suit la généalogie de Leo Lindemans.

Une seconde précision porte sur la génération 6. Corneille, fermier au hof te Drootbeke, s'est marié deux fois : d'abord avec une épouse dont le nom n'est pas connu, puis avec Lysbet Aelbrecht dite de Borsere, fille d'un échevin de Bruxelles. La ligne directe descend du second mariage : Lindemans, dans le Vlaamse Stam de 1989, ne place au premier lit qu'une fille, Marie, et range tous les autres enfants, dont le Corneille de la ligne directe, sous la mention « uit het tweede huwelijk ». Le Tableau d'ascendance de 2002 et le dossier de reconnaissance des Meiseniers MSR 069 M (2022) concordent. Lysbet Aelbrecht est donc l'aïeule de la lignée.

Ligne directe masculine, de Gossuin à Mullem

Reconstitution sur dix-sept générations, soit environ six siècles, fondée sur les actes d'archives (inventaires de succession, registres paroissiaux, correspondance) et recoupée, pour les générations les plus récentes, avec les données du GEDCOM Geneanet (base généalogique, non source primaire).

  1. Gossuin van der Straeten, cité à Bruxelles en 1344, prêtre à Drootbeke, ayant un fils naturel qui suit la lignée, ancêtre fondateur de la branche cadette de Gossuin.
  2. Corneille (Cornelis) van der Straeten, † après 1405, x Lente Hacx (vers 1405).
  3. Jean van der Straeten, acquiert le hof te Drootbeke à Laeken (cité 1360 avec son frère Guillaume à Bruxelles, cité à Laeken 1399), † après 1405, x Alijt sWitten.
  4. Goossen (Gossuin) van der Straeten, fermier à Laeken 1399, † avant 1425, x Lijsbet sWinnen.
  5. Machiel (Michel) van der Straeten, cultivateur à Laeken 1425, † avant 1471, x Lijsbet van der Heijden.
  6. Corneille van der Straeten, fermier au hof te Drootbeke à Laeken, mentionné de 1504 à 1522, † avant 1522, x en premières noces une épouse dont le nom n'est pas connu ; x en secondes noces Lysbet Aelbrecht dite de Borsere, fille de Joos, échevin de Bruxelles, et de Kathelijne van der Eertbrugghen, citée 1522, † avant 1541, dont descend la ligne directe.
  7. Corneille van der Straeten, mentionné 1522, cultivateur au hof te Drootbeke à Laeken, † 14 juillet 1562. Sa pierre tombale, dans l'ancienne église de Laeken, portait aussi son épouse ; elle n'existe plus, l'église ayant été détruite. Elle n'est connue que par le relevé de van der Haeghen, cité par Lindemans.
  8. Adrien van der Straeten, meisenier 1555, † après 1584, x Jeanne de Brouwers, † avant 1580.
  9. Machiel (Michel) van der Straeten, reçu meisenier à Bruxelles le 21 janvier 1580, fils d'Adrien et de Jeanne de Brouwers, † avant décembre 1580. Le nom de son épouse n'est pas établi.
  10. Jacques van der Straeten, né vers 1580, reçu meisenier en 1640, échevin puis bourgmestre de Burst, Bambrugge, Zonnegem et Kottem, encore vivant le 20 janvier 1644, date à laquelle il comparaît comme veuf ; la date de sa mort n'est pas connue. Lindemans le porte « † post 1663 » dans son Tableau d'ascendance de 2002, sans indiquer sur quoi il se fonde, et aucune pièce du fonds ne l'atteste. Son épouse Elisabeth Baeten meurt à Zonnegem le 18 octobre 1643 ; l'état de biens (staat van goed) de la succession est clôturé le 20 janvier 1644 devant les échevins de Zonnegem, et l'on y nomme deux tuteurs pour les enfants mineurs : Joos Baeten, leur grand-père maternel, comme voogd maternel, et un vander Straeten comme voogd paternel. Les quatre enfants y figurent avec leur âge : Margriete 15 ans, Jan 12 ans, Philippe 8 ans et Lieven 5 ans, dont descend la ligne.[état de biens 1644]
  11. Liévin van der Straeten, 1639 – 1er décembre 1694.
  12. Pierre van der Straeten, né vers 1680.
  13. Maximilien van der Straeten, † 2 novembre 1780.
  14. Liévin François van der Straeten, 11 mars 1754 – 1828, greffier et bailli d'Eyne, interné au Temple à Paris pendant la Révolution française.
  15. Amand Jean Norbert van der Straeten, 28 février 1807 – 25 novembre 1873.
  16. Achille François Justin van der Straeten, 4 septembre 1843 – 9 avril 1921, bourgmestre d'Eyne, conseiller provincial, chevalier de l'Ordre de Léopold.
  17. Pierre Marie Joseph Liévin Ignace Henri van der Straeten, 15 novembre 1889 – 10 novembre 1926, industriel à Eyne.

À cette génération, la ligne se divise. Du mariage de Pierre van der Straeten avec Yvonne Moens de Hase naissent six enfants entre 1914 et 1922, l'aîné à Gand et au moins quatre à Eyne [le lieu de naissance de Joseph, en 1918, n'est pas renseigné], dont descendent les branches actuelles de la famille :

Les générations suivantes, qui concernent des personnes vivantes, ne sont pas détaillées : l'objet de l'étude est la remontée vers l'origine bruxelloise, non la descendance contemporaine.

De Bruxelles à Mullem

Le 29 mars 1794, Liévin François van der Straeten achète aux enchères le Bekemolen, moulin à eau et pressoir à huile de Mullem, annoncé dans la Gazette van Gend du 6 mars 1794.

Retenu en otage par les révolutionnaires français, il poursuit le projet : le 7 mai 1799, depuis sa captivité, il fait parvenir à son homme d'affaires De Meulemeester des instructions précises pour la construction de l'huilerie, accompagnées d'un croquis indiquant la place de chaque bâtiment et du calcul de la capacité des réservoirs.

Le moulin reste dans la famille. Son petit-fils Achille y exploite la fabrique d'huile, dont le bilan du 15 juin 1875 arrête l'actif à 166 847 francs. En 1912, un procès-verbal de délimitation des parcelles de Mullem cite encore les van der Straeten parmi les propriétaires. En 1965, le carnet de Léon Claeys Boúúaert note que « les Achille van der Straeten habitent à Mullem, près de l'ancien moulin ». En 1986, l'inventaire des moulins de Flandre orientale relève que les deux moulins de Mullem appartiennent toujours à un van der Straeten.

L'appareil critique de Lindemans

L'article de 1989 s'appuie sur un dépouillement d'archives étendu, documenté en notes de bas de page. Quatre grands types de sources manuscrites :

Bibliographie imprimée citée par Lindemans :

Leo Lindemans, auteur de l'article de 1989, prolonge ainsi sur ce dossier les travaux de son père Jan Lindemans, généalogiste actif dans les années 1940-1950.

Sources de la ligne directe

Homonymie. Cette lignée directe, originaire de Bruxelles, est distincte de la famille dite « van der Straeten d'Eyne », originaire d'Audenarde, sans lien démontré avec elle, qui a porté ce nom de branche par autorisation légale en 1948 et 1955. La famille étudiée ici a résidé à Eyne sans porter ce nom de branche.

Sommaire
Deux généalogies réconciliées Origine et branches Ligne directe Sources

[état de biens 1644] ↑ Archives de l'État à Gand, inventaire de Zonnegem n° 95 f° 19. Clôture : « Aldus gepasseert […] present ende overstaene van Adriaen de Vuyst officier in de absentie van den Bailliu, Gheraert van Cromphoudt Burghmeester, Pieter de Gheytere, Simoen vander Meulen ende Jan vander Straete schepenen, mitsgaders Joos Baeten voocht maternel ende […] vander Straeten voocht paternel van de weesen. Actum desen XXen January 1644 » [lecture confirmée par une transcription manuscrite ancienne du même acte]. Un staat van goed est dressé au décès de l'un des deux époux, et l'on y nomme dans les deux lignes un tuteur pour les enfants mineurs : la pièce ne désigne donc pas par elle-même lequel des parents est mort. Ici c'est Elisabeth Baeten, décédée le 18 octobre 1643, et Jacques, veuf, est le déclarant survivant. Sur le vocabulaire des états de biens, voir Kevin DEKOSTER, « Over wezen en wafelijzers », Bladwijzer 2, 2011.