Limites des sources. Le fonds conserve 38 pièces à son nom (état civil, actes militaires, mariage, décès), mais presque rien sur quarante ans de vie adulte.
Fiche d'identité
| Nom | Achille Théodore Marie Joseph Ghislain van der Straeten |
|---|---|
| Naissance | Gand, 11 juillet 1914 (extrait de naissance n° 1914-0000.0084-15) |
| Décès | Audenarde, 17 décembre 1987, à 73 ans, des suites d'un accident de voiture |
| Parents | Pierre van der Straeten (1889-1926) et Yvonne Moens de Hase (1889-1924) |
| Épouse | Antoinette Solvyns (1919-2002), mariage le 15 octobre 1941 |
| Enfants | Six |
| Fonctions | Industriel ; lieutenant de réserve de cavalerie |
Enfance et scolarité (1914-1932)
Il a dix ans quand sa mère meurt en mai 1924, douze quand son père meurt en novembre 1926. Aîné des cinq survivants, il est le premier concerné par la crise de tutelle exposée dans la biographie de son père : le testament confiant les enfants à la gouvernante, la renonciation obtenue par Léon Claeys Boúúaert, et la tutelle confiée à leur grand-mère maternelle. Il est mis en pension au collège des jésuites de Mons en 1929, et va à Lourdes avec les Claeys Boúúaert en 1932.[carnet]
Dans l'intervalle, le carnet de Léon Claeys Boúúaert rapporte son retrait du pensionnat des Frères de Saint-Amand et son placement auprès du précepteur de son propre fils Albert, Mlle Paula Van den Bossche : « Nous lui adjoignons le fils aîné de Pierre, Achille, retiré du pensionnat des Frères de St-Amand où il ne faisait rien et restait presque illettré. » Ce jugement émane d'un oncle par alliance, non d'un maître. C'est la seule pièce du fonds qui indique que le garçon, âgé de douze ans et privé de ses deux parents en trente mois, avait cessé d'apprendre, et que la famille décida de le reprendre en main. Trois ans plus tard, il entre chez les jésuites de Mons.[carnet]
Carrière militaire (1939-1945)
Nommé sous-lieutenant de cavalerie le 20 novembre 1939, à vingt-cinq ans, il fait la campagne de 1940 ; le carnet de Léon note qu'il est fait prisonnier de guerre cette année-là, avec Eugène Moens, et rapidement libéré. Il est commissionné lieutenant de réserve le 26 mars 1945. Entre les deux, il se marie.[cavalerie]
Le mariage de 1941
Il épouse Antoinette Solvyns le 15 octobre 1941, en pleine occupation, quinze jours après la signature de leur contrat de mariage devant notaire. [Selon la mémoire familiale (témoignage de Geoffroy van der Straeten, 2026), ils s'étaient rencontrés à un tournoi de tennis à Saint-Denis-Westrem, à la Boucle Saint-Denis ; la famille Solvyns avait ses attaches dans cette commune.]
Carrière industrielle et installation à Mullem
Le foyer des orphelins s'installe à Gand en 1931, quand Achille Théodore a dix-sept ans. La nécrologie de son frère Étienne en donne la date, « In 1931 verhuist het gezin naar Gent », et précise que les garçons entrent alors au collège Sainte-Barbe. Les cinq orphelins quittent donc Eyne cinq ans après la mort de leur père. Achille Théodore fonde ensuite son propre foyer à Gand. Quatre des six enfants y naissent (Emmanuel en 1942, Yvonne en 1943, Bénédicte en 1951, Étienne en 1955) ; l'extrait d'état civil de Jean-Pierre, né le 13 avril 1945, est délivré par la ville de Gand. [L'adresse gantoise n'est pas documentée dans le fonds, non plus que la date exacte du départ pour Mullem.]
Il entre en 1938 à l'usine Moens frères à Alost, du côté de sa famille maternelle, à l'issue du partage de l'indivision van der Straeten cette même année. Il reprend ensuite les affaires familiales : le carnet de Léon note en 1966 que l'homme d'affaires d'Agnès van der Straeten est « heureusement remplacé par Achille ». Une enveloppe de 1972 atteste que les Établissements van der Straeten SA, à Audenarde et Eyne, tournent encore sous son nom.
Au début des années 1960, il fait lotir des terrains à Eyne, le long de la route nationale Gand-Audenarde. Le 4 juillet 1960, le géomètre Jacques Tjoleyn, d'Eyne, lui envoie les tirages du lotissement du « Voetbalterrein » (le terrain de football), vraisemblablement le pré d'Eyne que son père Pierre avait pris à bail en 1911 pour y faire jouer au football et qui appartient aux enfants de Pierre en 1945, et le plan de mesurage d'une parcelle de la chaussée de Gand. Le 8 juin 1961, l'administration des routes lui écrit à Gand, Congreslaan 18, que les parcelles portées sur ses plans pourront toujours obtenir une sortie sur la route nationale n° 58. Le 29 septembre 1961, le service de l'urbanisme de Flandre-Orientale fait savoir à la commune d'Eyne qu'il accepte le lotissement proposé, à condition que les bandes latérales non bâties aient au moins trois mètres ; le bourgmestre en délivre une copie certifiée le 3 octobre. Un plan sans date ni signature, conservé avec ces pièces, découpe en lots des terrains de la Molenkouterstraat.[lotissement]
Il établit la famille à Mullem. Un acte de vente du 15 juillet 1963 (notaire De Staercke) le désigne déjà « industriel, Mullem » : il y est donc domicilié à cette date. Le carnet de Léon, lui, ne l'enregistre qu'à l'année 1965 : « les Achille van der Straeten habitent à Mullem, près de l'ancien moulin ». [L'écart de deux ans entre l'acte et le carnet peut tenir à une installation en plusieurs temps ou à une mention tardive.] La famille revient ainsi habiter sur le site du Bekemolen, acheté par Liévin François cent septante et un ans plus tôt. Le moulin à eau s'est arrêté en 1955 ; le moulin à vent est restauré en 1965.
Les affaires de sa tante Agnès (1966)
Au début de 1966, Achille prend en main les affaires de sa tante Agnès van der Straeten, fille du bourgmestre Achille, célibataire, qui vit à Gand et ne peut plus se déplacer. Son homme d'affaires, Maurice Cnudde, est entré en clinique vers le 10 décembre 1965 et meurt le 5 janvier 1966. Depuis un mois, plus rien n'était versé pour le ménage, qui vivait sur les économies de la servante, Palmyre.[agnes]
La veuve, Mme Cnudde, cherche alors à obtenir d'Agnès la procuration que détenait son mari. Le 7 janvier, ses deux filles, religieuses, viennent voir Agnès et insistent pour qu'elle garde à leur mère « la confiance accordée autrefois à votre mari ». Quelques jours plus tard, Mme Cnudde vient elle-même, avec un cousin ou un neveu, et demande « avec insistance » une procuration. Agnès refuse : elle a déjà donné procuration à un de ses neveux. Une démarche de Mme Cnudde à la banque fait bloquer les avoirs d'Agnès, et elle met en doute son état mental. Agnès accepte un examen médical ; le médecin conclut que son état « lui permet actuellement de tester validement et en pleine connaissance ».
C'est son cousin Ignace Claeys Boúúaert, avocat à Gand, fils de Thérèse, qui répond pour la famille. Le 8 février 1966, il écrit à Mme Cnudde pour rétablir la suite des visites, transmet à la banque la conclusion du médecin et prévient Eugène Moens de Hase : « Il paraît que Mme Cnudde fait de nouvelles tentatives et songerait à soudoyer Palmyre. » Il rédige pour Achille une lettre de remerciement à la servante, à envoyer « si les circonstances l'indiquent ».
Le 4 mars 1966, Agnès fait un nouveau testament. Elle lègue à Palmyre sa maison d'Eine, fait un legs à son neveu Étienne et nomme Achille exécuteur testamentaire. Le carnet de Léon Claeys Boúúaert résume : l'homme d'affaires est « heureusement remplacé par Achille ». Agnès meurt à Gand le 3 octobre 1966. Sa succession revient pour un tiers à sa sœur Thérèse, pour un tiers aux sept descendants de sa sœur Anne-Marie Moens de Hase et pour un tiers aux cinq enfants de son frère Pierre ; le notaire convoque les treize héritiers pour l'acte de partage le 9 mars 1968.[succession]
L'accident du 17 décembre 1987
Le jeudi 17 décembre 1987, vers 12 h 15, Achille circule en voiture sur le Westerring, à Audenarde. Sa voiture heurte un camion en stationnement. Grièvement blessé, il est transporté à l'hôpital Notre-Dame d'Audenarde (Onze-Lieve-Vrouwziekenhuis), où il meurt dans la soirée, à soixante-treize ans. La police d'Audenarde dresse le procès-verbal le jour même ; un journal local relate l'accident.[accident]
Photographies








Sources
Dossier Achille van der Straeten (1914-1987) et Antoinette Solvyns des archives familiales, 38 pièces réparties en sept sous-dossiers. Carnet de Léon Claeys Boúúaert. GEDCOM familial. Témoignage direct de Geoffroy van der Straeten, 2026, pour la rencontre au tennis. Dossiers Agnès van der Straeten (succession, 1966-1968) et accident (1987) des archives familiales.
[carnet] ↑ Carnet de Léon Claeys Boúúaert, lots 5 et 6 : pension au collège de Mons en 1929, Lourdes en 1932, entrée à l'usine Moens frères en 1938, captivité de 1940, reprise des affaires en 1966, installation à Mullem en 1965.
[lotissement] ↑ Lettre et état d'honoraires du géomètre Jacques Tjoleyn, Eyne, 4 juillet 1960 ; lettre du ministère des Travaux publics, service des routes de Flandre-Orientale, 8 juin 1961 ; copie certifiée, du 3 octobre 1961, de l'avis du 29 septembre 1961 adressé au collège échevinal d'Eyne ; plan de lotissement non daté, archives familiales. Pour le terrain de football, voir la biographie de Pierre.
[cavalerie] ↑ Lettre de nomination de sous-lieutenant de cavalerie, 20 novembre 1939, et lettre de commissionnement de lieutenant de réserve, 26 mars 1945, archives familiales.
[agnes] ↑ Lettres d'Ignace Claeys Boúúaert du 8 février 1966 : à Achille (envoi), à Eugène Moens de Hase, à Mme Maurice Cnudde et à la Banque de Bruxelles à Gand (copies), archives familiales. La lettre à Mme Cnudde date la quatrième visite d'un « jeudi 10 janvier » : le 10 janvier 1966 était un lundi.
[succession] ↑ Acte de dépôt du testament d'Agnès van der Straeten (testament olographe du 4 mars 1966), notaire Étienne De Staercke, Gand, 18 octobre 1966 ; requête des héritiers en estimation des immeubles ; lettre du notaire aux héritiers, 4 mars 1968, archives familiales.
[accident] ↑ Procès-verbal de la police d'Audenarde n° 4124 du 17 décembre 1987, avec le certificat de l'hôpital Notre-Dame d'Audenarde (« Is dezelfde dag overleden ») ; article de presse de décembre 1987, archives familiales.