Fiche biographique. Ami et compagnon de détention de Liévin François van der Straeten.
Fiche d'identité
| Nom | Jean-Joseph Raepsaet |
|---|---|
| Dates | 1750 – 1832 |
| Fonctions | Dernier greffier de la châtellenie d'Audenarde ; avocat à Gand ; haut-pointre d'Audenarde ; membre et pensionnaire des États de Flandre ; membre du Congrès souverain (1790) ; jurisconsulte ; député au Corps législatif ; membre de l'Académie royale de Bruxelles |
| Lien avec la famille | Ami de Liévin François van der Straeten et son compagnon de détention comme otage du Directoire en 1798-1799. Son épouse, Marie-Ursule Bauwens, était fille du receveur général héréditaire de la même châtellenie. |
| Statut sur ce site | Contemporain et allié, sans lien de parenté avec la famille van der Straeten |
Repères
- Naissance : Audenarde, 29 décembre 1750.
- Décès : Audenarde, 19 février 1832.[1]
- Parents : Jean Raepsaet, avocat au Conseil de Flandre et greffier de la châtellenie d'Audenarde.
- Épouse : Marie-Ursule Bauwens, fille de Jean-Baptiste Bauwens, conseiller du roi et receveur général héréditaire de la haute et basse châtellenie d'Audenarde.
Carrière sous l'Ancien Régime
Raepsaet hérite par résignation paternelle de la charge de greffier de la châtellenie d'Audenarde dès 1773, à 23 ans (dispense d'âge accordée par le gouvernement). En 1778, par résignation de son beau-père, il obtient la charge de secrétaire du chef-collège des chefs-tuteurs de la ville et châtellenie d'Audenarde, qu'il conservera jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Il est coauteur du Manifeste de Flandre (1787) et député aux États généraux en 1787 et 1790.
Victor Fris lui donne encore, dans cet ordre, les fonctions d'avocat à Gand, de haut-pointre d'Audenarde, puis de membre et de pensionnaire des États de Flandre, sans les dater ; il siège au Congrès souverain des Provinces belgiques en 1790, où il se montre plus favorable à Vonck qu'à Van der Noot.[pensionnaire]
Le lien avec Liévin François van der Straeten
Le lien entre les deux hommes est professionnel et institutionnel. Raepsaet est greffier de la châtellenie d'Audenarde ; Liévin François y exerce comme priseur et partageur assermenté [une fiche généalogique de seconde main le dit aussi receveur de la châtellenie, titre non établi sur pièce]. L'épouse de Raepsaet, Marie-Ursule Bauwens, est fille du receveur général héréditaire de la même châtellenie. Les deux familles relèvent ainsi de la même institution.
Les deux hommes présentent un profil comparable : officiers de l'Ancien Régime, attachés à l'administration locale et bilingues.
Révolution et détention
En 1794, Raepsaet est envoyé par la châtellenie en Zélande (Goes) pour mettre en sûreté la caisse et les archives. Il y demeure neuf mois avec toute sa famille, voit ses biens saisis et vendus, et ne rentre à Audenarde que lorsque l'annexion française paraît définitive. Les fonds qu'il rapporte sont confisqués.
Son hostilité au Directoire le rend suspect. Son nom figure dès l'automne 1798 sur la liste des cinquante-neuf otages du département de l'Escaut, sur laquelle figure aussi Liévin François ; il y est désigné « Jan Raepsaet, gewezen greffier van Oudenaarde ». Il est écroué le 11 janvier 1799 à Sainte-Pélagie, la prison dont Liévin François décrit les conditions difficiles dans ses lettres, puis transféré au Temple, inscrit sur la liste des déportables à Cayenne. Il est libéré le 20 mai 1799, six jours après Liévin François, qui sort le 14 mai.
[La notice de Cornelissen (Académie royale, 1837), reprise par Victor Fris dans la Biographie nationale, dit qu'il « ne dut son salut qu'au 30 prairial », soit le 18 juin 1799, puis, dans la phrase suivante, qu'il fut « relâché le 20 mai, après cinq mois de détention ». Les deux affirmations sont incompatibles ; ni Cornelissen ni Fris ne relèvent la contradiction. Aucune pièce du fonds ne permet de la trancher : les Mémoires de Raepsaet, que cite Cornelissen, n'y figurent pas.]
Cornelissen fait de Raepsaet « une des victimes de la loi des otages ». L'expression est anachronique : cette loi est votée les 23-24 messidor an VII, soit les 11-12 juillet 1799, deux mois après sa libération. Ce qui l'a frappé, lui comme Liévin François, ce sont les prises d'otages ordonnées à titre départemental en répression de la guerre des Paysans, à la fin de 1798, avant que la pratique ne soit codifiée à l'échelle nationale.
Carrière post-révolutionnaire
Il est député au Corps législatif à Paris de 1803 à 1813 et membre de l'Académie royale de Bruxelles.
Famille : sa sœur épousa l'historien J.-J. Gérard, premier secrétaire de l'Académie royale de Belgique. Une de ses filles épousa G. Ketele, bourgmestre d'Audenarde. Son fils Charles fut avocat, son fils Richard chanoine. Il eut seize enfants ; sa carrière publique couvre cinquante ans.
Épitaphe
Son épitaphe le désigne comme "dernier greffier de la haute et basse châtellenie d'Audenarde" et "dernier secrétaire du chef-collège des chefs-tuteurs de la ville et châtellenie d'Audenarde", titres à rapprocher de celui de "dernier greffier de la seigneurie d'Eyne, Heurne et Mullem" que porta Liévin François. Tous deux furent les derniers titulaires de charges d'un même ordre administratif, supprimé à la Révolution.
L'amitié à la génération suivante
Sources
- V. Fris, "Raepsaet (Jean-Joseph)", dans Biographie nationale de Belgique, t. XVIII, col. 561-576.
- E.-N. Cornélissen, notice dans Annuaire de l'Académie royale, 1837, p. 104-133.
[pensionnaire] ↑ V. Fris, notice « Raepsaet (Jean-Joseph) » de la Biographie nationale, t. XVIII, p. 562-567, telle que la résume Ch. Terlinden, « Les souvenirs d'un vonckiste », Bulletin de la Commission royale d'histoire, t. 96, 1932, p. 127, note 3.
[1] L'Annuaire de l'Académie royale (Cornélissen, 1837, p. 132) donne par erreur "15 février" ; l'épitaphe et la Biographie nationale confirment le 19 février.