Génération II

Amand van der Straeten

1807 – 1873
Estimation d'après le GEDCOM du 28 juillet 2026 : environ 441 descendants, dont 62 nés van der Straeten.
Bourgmestre d'Eyne pendant 43 ans, fondateur de la filature

Fiche d'identité

NomAmand Jean Norbert van der Straeten
NaissanceEyne, 28 février 1807 [la pierre tombale porte le 25]
DécèsEyne, 25 novembre 1873, à 66 ans
ParentsLiévin François van der Straeten (1754-1828) et Isabelle Duermael (1768-1858)
ÉpouseEulalie Caroline Amelot (1820-1879), mariage le 14 septembre 1840
EnfantsDeux selon le GEDCOM familial : Adilie Marie Isabelle (1841-1913) et Achille (1843-1921). [Le faire-part de décès d'Eulalie, en 1879, cite aussi Marie-Antoinette et Amand parmi les proches survivants ; rien n'établit qu'il s'agisse d'enfants du couple.]
FonctionsBourgmestre d'Eyne de 1830 à 1873, soit 43 ans ; chevalier de l'ordre de Léopold (1861) ; industriel, fondateur de la filature de lin

Repères chronologiques

Principales dates. Le tableau plus bas les situe dans la chronologie des alliances familiales.

Contexte familial : la baronie d'Eyne

Le 13 août 1763, le comte de Lichtervelde, baron de Herzele, seigneur d'Eke, d'Ouwegem, de Berlare, acquit la baronie d'Eyne. La charge de greffier (ou baljuw suppléant) fut confiée à la famille van der Straeten. En 1763, le greffier était Sébastien van der Straeten ; à partir de 1778, Liévin François van der Straeten, qui vint s'installer à Eyne par cette nomination. La famille van der Straeten entretenait des relations amicales avec les Lichtervelde (Westerring 2019).


Jeunesse et formation (1807-1830)

Amand est le fils aîné et le deuxième enfant de Liévin François. À sa naissance, son père, ancien greffier, a traversé la période révolutionnaire. Deux de ses parents sont chanoines : son oncle Jean-Antoine, prémontré de l'abbaye du Parc et curé de Notre-Dame-au-Bois, et son grand-oncle Jan Baptiste Belaen, docteur en droit, chanoine-curé d'Eyne.

En 1823 et 1824, Liévin François envoie ses fils Amand (17 ans) et Liévin (15 ans) au Collège royal de Gand (ancien lycée impérial), établissement d'enseignement officiel de l'État installé dans l'ancien couvent de Baudeloo. De 1817 à 1821, le clergé avait refusé l'absolution aux professeurs et aux élèves de l'enseignement officiel, épisode de la querelle religieuse de la période hollandaise. La mort de Mgr de Broglie, évêque de Gand en exil, en 1821, avait ouvert une période de détente. Le diocèse de Gand attendrait son nouvel évêque, Jean François van de Velde, jusqu'en 1829. Dans l'intervalle, les vicaires généraux de Meulenaere et Goethals avaient prêté le serment prescrit par le concordat et s'étaient entendus avec l'administration. Liévin François avait suivi leur exemple, convaincu que le Collège royal était la meilleure, peut-être la seule école possible (José Claeys Boúúaert).

Le collège était un foyer des idées libérales naissantes ; pendant la période hollandaise, les écoles, et surtout l'université, étaient des centres du libéralisme. Les noms de Charles de Montalembert, Lacordaire et Félicité de Lamennais y étaient attachés. Amand demeure libéral toute sa vie. Sur le basculement politique et religieux de la famille sur quatre générations, voir Libéraux et catholiques.

Dans ses lettres de Gand, Amand se plaint auprès de ses parents de l'hypocrisie de professeurs et de camarades. Il trouvait parmi eux "des personnes fausses et hypocrites" et appelait l'un d'eux "un fourbe." Son père lui répond en 1823, lui reprochant ses "fantaisies", sa "fringale de changements" et son "manque de sérieux". Claeys Boúúaert note : "Son père, plus riche en expérience et connaissant bien les tares de l'ancien régime", lui prodiguait des conseils de modération. Ces lettres constituent, selon Claeys Boúúaert, "une sorte de testament spirituel" de Liévin François.

La correspondance du collège (1822-1823)

Les lettres autographes d'Amand conservées dans les archives familiales attestent sa présence au collège de Gand dès janvier 1822, à quatorze ans, et non à partir de 1823 comme le veut la tradition orale de la famille. La date de 1823-1824, reprise plus haut, correspond à la scolarité commune des deux frères, attestée par le palmarès imprimé ; Amand y était seul l'année précédente.

Dans la première lettre datée, du 28 janvier 1822, Amand refuse d'être rapatrié à un collège d'Audenarde qu'il juge médiocre ("c'est un collège où on apprend pas grand-chose"), préfère prendre patience à Gand ("après six années écoulées je serai fort instruit"), et demande à ses parents une discrétion absolue sur le contenu de sa lettre, par crainte des représailles d'un nouveau directeur. Un passage de trois lignes y est biffé par l'auteur et demeure illisible.

Une lettre du 4 novembre 1822, cosignée pour la première fois par les deux frères ("A. Vander Straeten" et "L.F. Vanderstraten", chacun avec sa propre graphie), décrit la vie quotidienne du pensionnat : lever, messe d'un quart d'heure, matines, étude jusqu'à 8h30, cours l'après-midi. Elle fait état d'un durcissement disciplinaire depuis l'été : sorties limitées à une fois par mois, toujours accompagnées, et un directeur qui "punit et frappe". Les deux garçons y mentionnent leur tante Jeanne, qui les récupère à Gand lors des sorties, et une tante Marie à qui ils envoient leurs compliments [deux parentes gantoises non identifiées, à rechercher dans la parentèle Duermael].

Dans une dernière lettre, du 15 février 1823, Amand, âgé de quinze ans, proteste contre des injustices subies au collège et mentionne une punition d'un mois de privation ; il y espère le prochain passage de son père, qui se rendait donc à Gand pour visiter ses fils. La signature de cette lettre, "A. Vanderstraeten", établit qu'Amand est l'auteur de l'ensemble de cette correspondance.

Le palmarès imprimé du 18 août 1824, Felicibus auspiciis Wilhelmi Primi Belgarum Regis, atteste leur scolarité. Amandus van der Straeten, ex Eyne figure dans la Schola Quarta (Grammatica), soit la classe de "grammaire supérieure" que Claeys Boúúaert mentionne. Son frère Livinus Vanderstraeten apparaît dans trois sections des classes inférieures (Schola Quinta et Sexta). La Schola Quinta compte aussi Ivo de Borchgrave, ex Bassevelde, futur beau-frère d'Amand par le mariage d'Eulalie Amelot. Les deux familles se côtoient ainsi au Collège royal seize ans avant le mariage. (Source : Felicibus auspiciis Wilhelmi Primi Belga Amandus van der Straeten, 18 août 1824, archives familiales.)

20 décembre 1824 : "lettres testimoniales", succès en classe de grammaire supérieure. Amand quitte le collège, ayant terminé ses humanités latines à dix-sept ans (Westerring). Son futur beau-frère Yvon de Borchgrave (Bassevelde 1809, Gand 1892) poursuivit ses études jusqu'au titre de Doctor Utr. Iuris.


Premier bourgmestre belge d'Eyne (1830-1873)

La révolution de septembre 1830 aboutit à l'indépendance de la Belgique. Amand van der Straeten est élu premier bourgmestre belge d'Eyne en septembre/octobre 1830, à 23 ans, "rechtstreeks door het volk verkozen" (directement élu par le peuple ; Westerring). Il exercera cette fonction sans interruption pendant 43 ans, jusqu'à sa mort en novembre 1873.

En octobre-novembre 1830, sa sœur aînée Marie Sophie épouse son ami Frans Maes, de Gand. L'union est malheureuse ; Marie Sophie meurt en 1833.

Claeys Boúúaert écrit : "Aurait-il accepté cette charge s'il avait pu prévoir les malheurs qui allaient s'acharner sur ce pauvre pays de 1845 à 1850 : maladie de la pomme de terre, famine, inondations, épidémies de typhus et de choléra."

Dès 1836, le Wegwyzer der stad Gend en provintialen le liste comme "A.N. van der Straeten burg." (bourgmestre d'Eyne), utilisant les initiales de ses premier et troisième prénoms (Amand Norbert). Aux élections communales de juillet 1836, dans une commune de 2 482 habitants, le candidat bourgmestre du curé est éliminé, avec dix voix sur 116 votants ; « A. N. Vanderstraeten, bourgmestre actuel » arrive en tête des élus avec 107 voix (Le Messager de Gand, 18 juillet 1836, p. 1).

Eyne était alors surtout habitée par des tisserands, laboureurs et haleurs. La commune comptait quelque 300 haleurs sur l'Escaut. Elle subissait la crise de l'industrie textile. [En 1864, la population d'Eyne s'élevait à 2 307 habitants (1 140 hommes, 1 140 femmes ; Exposé provincial 1865, p. 7).]

1845-1846 : crise agricole et inondations. La maladie de la pomme de terre détruisit les récoltes. L'hiver 1845-1846, les crues de l'Escaut furent telles que faute de navigation les 300 haleurs se retrouvèrent sans travail ; les terres labourables restèrent sous eau jusqu'au 1er avril 1846 et les prairies jusqu'au 8 mai. Population d'Eyne : 2.100 habitants (chiffre donné pour 1847-1848, en baisse sensible).

1847 : épidémie de typhus. Les élections donnent le pouvoir aux libéraux (Claeys Boúúaert). En septembre, le ministre de l'Intérieur nomme Amand membre de la commission qui dirige l'établissement d'apprentissage industriel installé au château de Browaene, à Bevere, pour Audenarde et une trentaine de communes voisines, dont Eyne. On y enseigne des procédés améliorés, surtout pour le lin (Den Vaderlander, 29 septembre 1847).

1848 : épidémie de choléra. Population d'Eyne en baisse sensible.

1848 : difficultés avec le curé de la paroisse Jean-Baptiste Stouthammer (†1852). Amand, libéral, entre en conflit ouvert avec le clergé. La même année, il fait aménager le jardin d'Eyne pour donner du travail aux chômeurs.

24 novembre 1846 : décès de son frère Liévin François Jean-Baptiste (°1809), inscrit à la table des décès d'Eyne. Il laisse trois enfants orphelins : Zoé (6 ans), Amandine (4 ans) et Oscar (près de neuf mois). Amand en devient le tuteur (Claeys Boúúaert). [La date de 1848, donnée par Lindemans (1955) et par Claeys Boúúaert, est inexacte, de même que les âges « 12, 10 et 2 ans » ; âges calculés d'après les dates de naissance : 14 juin 1840, 3 mars 1842, 26 février 1846.] Oscar meurt le 17 février 1871, à vingt-quatre ans, à la chasse aux canards dans les prairies d'Eyne : il reçoit dans la nuque la charge du fusil d'un de ses compagnons (selon une autre version, le fusil aurait éclaté). « M. Van der Straeten laisse une veuve et des enfants » (Le Bien Public, 19 février 1871 ; même récit dans La Meuse, 22 février 1871, et L'Écho du Parlement, 24 février 1871). En 1857, le registre des Enfants de Marie du pensionnat des religieuses du Sacré-Cœur de Jésus à Lille atteste que les trois jeunes filles dont Amand avait la charge y étaient pensionnaires ensemble : Amandine Vanderstraeten, d'Eyne (vice-présidente de la confrérie), Zoé Vanderstraeten, d'Eyne (membre), et Adilie Vanderstraeten, d'Eyne (membre, sa propre fille). (Archives familiales.) Amand, libéral, confie ainsi les trois jeunes filles à un pensionnat catholique.

14 avril 1850 : décès de Jacques Chrétien Amelot, beau-père d'Amand. Depuis cinq ans, il s'était fait remarquer par sa charité envers les pauvres (Claeys Boúúaert).

± 1850 : inauguration du chemin de fer. Travaux aux routes.

1852 : nouveau curé, J.B. vandenBossche ; fin du conflit.

1er septembre 1856 : mise en activité du leerwerkhuis (atelier cantonal d'apprentissage) d'Eyne, organisé sur les mêmes bases que celui de Cruyshautem. [Date donnée par le rapport gouvernemental sur les ateliers cantonaux de tissage, c. 1858, [N° 50], p. 58-59 ; le discours de Gabriels avance 1835, Claeys Boúúaert 1855.] Amand avait doublé à ses frais le nombre de métiers à tisser. Fin décembre 1856, les 14 métiers initiaux étaient tous occupés et les demandes d'admission nombreuses.

Pour l'année 1857, le même rapport indique : environ 150 personnes occupées (y compris bobineurs et épouleurs), soit de quoi vivre pour des gens "qui se trouvaient sans moyens d'existence" ; 50 tisserands avaient déjà terminé leur apprentissage, qui travaillent désormais à domicile pour le compte de fabricants de Gand et d'Audenarde ; 120 demandes d'admission en attente. Le salaire d'un bon tisserand : 1 à 1,50 fr. par jour (environ 30-45 € de 2026) ; salaire des apprentis : 40 à 80 centimes par jour. L'atelier travaillait pour le compte de MM. Rops et Velghe (Audenarde), MM. Vandeputte, frères à Gand, et d'autres fabricants.

Commission de surveillance du leerwerkhuis (1857) : M. Amand van der Straeten, conseiller provincial et bourgmestre à Eyne, président ; Amelot, bourgmestre à Synghem [Zingem, beau-frère d'Amand] ; Heyse, notaire à Eyne, secrétaire.

Selon le Heemkring Westerring, Amand était "ruim dertig jaar voorzitter van de (Koninklijke) Harmoniemat-schappij Sinte Cecilia" (plus de trente ans président de la Société harmonique Sainte-Cécile d'Eyne, fondée en 1843).

Ses derniers projets, non réalisés : le pont de fer sur l'Escaut et la reconstruction d'un établissement de bienfaisance, travaux qu'achèvera son fils Achille.


Engagements et distinctions

La famille Amelot

14 septembre 1840 : mariage avec Eulalie Caroline Amelot (°Zingem 15 février 1820, †Eyne 17 mars 1879), fille de Jacques Chrétien Amelot (°Heurne 10 novembre 1769, †Zingem 14 avril 1850, bourgmestre de Heurne puis de Zingem pendant 46 ans, chevalier de l'ordre de Léopold, voir Biographie nationale de Belgique) et d'Eugénie Sophie Boulez (°Waeregem vers 1781, †Zingem 21 novembre 1832).

Claeys Boúúaert écrit : le mariage "lui donne, avec l'épouse la plus aimable, un second père, Jacques Chrétien, bourgmestre de Zingem, un homme d'excellent conseil" (voir Biographie nationale de Belgique). Par ce mariage, Amand entre dans une famille nombreuse, alliée aux Boulez, Storme, Brasseur et de Borchgrave.

Les liens entre Amelot et van der Straeten sont plus anciens : au XVIIe siècle, Antoine Amelot (°Eyne 14 mars 1631, †ibid. 19 juin 1681) avait épousé Anna van der Straeten, fille de Guillaume. Plus tard, Urbain van der Straeten, maïeur d'Eyne en 1717, épousa en secondes noces Adrienne van Lenseele, veuve de François Amelot. Les deux familles étaient ainsi alliées depuis au moins six générations. (Source : OGHB, La Famille Amelot à Audenarde, Le Parchemin, 1980.)

La sœur d'Eulalie, Marie Eugénie Amelot (1813-1893), avait épousé le 28 septembre 1836 Yvon de Borchgrave (Bassevelde 1809, Gand 1892). Leur fils, le baron Emile de Borchgrave (Gand 1837, Bruxelles 1917), ambassadeur extraordinaire de Belgique à Vienne, était le neveu par alliance d'Amand. Emile de Borchgrave avait épousé Caroline Wilhelmine Slicher de Dombourg (Middelbourg 1840, Bruxelles 1871). Parents d'Yvon : Louis de Borchgrave (Waeken 1784) et Félicité van der Wattyne (Bassevelde 1789, †1860). (Tableau généalogique Claeys Boúúaert, In Memoriam p. 2.)

Les Verhandelingen der Maatschappij voor Geschiedenis en Oudheidkunde te Gent (1976) précisent : "De burgemeester Amand van der Straeten was de schoonbroer van de burgemeesters van Heurne en Zingem, de gebroeders Amelot." (Le bourgmestre Amand van der Straeten était le beau-frère des bourgmestres de Heurne et de Zingem, les frères Amelot.) Les frères Amelot d'Eulalie occupaient donc eux-mêmes les fonctions de bourgmestre dans les communes voisines : Jean-Baptiste-Victor (°18 juin 1815), chevalier de Léopold, fut bourgmestre de Heurne de 1843 à 185x, puis de Zingem ; Benoît-Alexandre (°22 juin 1826) épousa Sidonie Ruysschaert et résidait à Eyne. Ce réseau familial explique la présence de "Ben. Amelot" comme administrateur du leerwerkhuis d'Eyne encore en 1880, au côté de son neveu Achille.

Une pierre commémorative fut érigée dans l'église de Zingem à la mémoire de Jacques Chrétien Amelot. Elle portait notamment : "OUD BURGEMEESTER VAN HEURNE EN GEDUERENDE 46 JAEREN BURGEMEESTER VAN SYNGHEM" et rappelait qu'il avait fondé le armhuis (hospice) de Zingem le 14 mars 1808, léguant 2 500 francs pour son entretien et 600 francs pour des messes annuelles. (Source : OGHB, Le Parchemin, 1980.)

Faire-part de décès d'Eulalie (17 mars 1879) : le faire-part imprimé (Audenarde, imp. Rebermond-Van Rochende) énumère les proches survivants : "Mademoiselle [Adilie] Van der Straeten, Monsieur et Madame Achille Van der Straeten, Mademoiselle Marie-Antoinette Van der Straeten, Monsieur Amand Van der Straeten" [ces deux derniers sont des petits-enfants, enfants d'Achille], ainsi que les frères et beaux-frères Amelot (François, Jean, Benoît) et les Borchgrave. L'enterrement eut lieu le jeudi 20 mars à 15h30 ; le service funèbre le jeudi 27 mars à 10h en l'église paroissiale d'Eyne ; les vigiles la veille, 26 mars, à 16h. La carte de dévotion française porte la graphie "AMAND, JEAN, NORBERT VAN DER STRAETEN" et qualifie Eulalie de "Douairière" (titre de veuve noble).

Le même texte signale qu'Eyne était considérée comme un "locus difficilis" du point de vue des rapports entre l'Église et les autorités civiles, en raison notamment des tensions récurrentes entre la pastorie et le gemeentehuis sous le mandat d'Amand, libéral, face à un clergé catholique intransigeant.

La famille Amelot possédait de nombreuses poésies françaises ; Jacques Chrétien Amelot fonda en 1843 à Zingem le Lyrisch Genootschap, société lyrique qui remporta de nombreux premiers prix et porta la renommée du village "jusqu'aux bords du Rhin". À Eyne, Amand fonda dans le même temps l'Harmonie Ste Cécile, dont il fut le premier président.


La filature et le rôle d'industriel

Voir aussi les études consacrées à la filature et à l'huilerie : La filature de lin et d'étoupes van der Straeten-Vandeputte (1856-1921) et L'huilerie van der Straeten : le Bekemolen de Mullem (1794-1986).

25 mai 1864 : fondation de la filature-tissage de lin par acte notarié avec ses associés Léon et Auguste Vandeputte (firme "L. et A. Vandeputte"), fabricants de toiles à Gand, Coupure rive gauche n° 253. [Le Westerring mentionne "Van de Put" : c'est la firme Vandeputte.] Dès les débuts, la mauvaise santé d'Amand obligea Achille à en prendre la direction effective. La fabrique est implantée à Eyne.

Le rapport sur les ateliers cantonaux (c. 1858) montre que le leerwerkhuis d'Eyne travaillait déjà en 1857 pour le compte des "MM. Vandeputte, frères à Gand." La relation commerciale entre Amand van der Straeten et la maison Vandeputte précède donc de sept ans la fondation de la société, à laquelle cette collaboration a vraisemblablement conduit en 1864.

L'Exposé de la situation de la Province de la Flandre Orientale pour l'année 1865 (Gand, 1865, p. CXVIII) signale, dès la première année d'existence de l'entreprise, que les ateliers sont en construction : "C'est avec un sentiment de satisfaction que je constate que plusieurs fabriques se construisent en ce moment dans l'arrondissement, notamment celle de M. Amand Vanderstraeten, bourgmestre à Eyne. Ces ateliers, qui seront prochainement ouverts, feront le plus grand bien à la population nécessiteuse des villages avoisinant cette commune." C'est la plus ancienne mention connue de la fabrique dans les publications provinciales ; elle date la construction de 1865 et en indique le rôle social attendu pour les communes rurales voisines.

L'usine (Westerring : "1865, wierd de fabriek tot stand gebracht" ; [la société est constituée par acte notarié le 25 mai 1864 ; la fabrique est en activité en 1865]) employait une centaine d'ouvriers.

Les Monographies industrielles. Aperçu économique, technologique et commercial, publiées en 1902, près de trente ans après la mort d'Amand, décrivent la production de la filature alors dirigée par Achille : "Van der Straeten (A.) à Eyne. Filature de lin et d'étoupes. Production : Fils des nos 30 à 70 en lin de Russie ; Fils d'étoupes des nos 14 à 35." La fiche atteste, pour le début du XXe siècle, l'usage de lin importé de Russie (le lin russe, moins fin mais plus résistant que le lin flamand, dominait alors le marché industriel) et la double activité filature de lin/étoupes.

Outre la filature, la famille exploitait toujours la fabrique d'huile de Mullem (le Bekemolen, acquis par Liévin François en 1794). Un bilan du 15 juin 1875 évalue les actifs de cette huilerie à 16 847 francs, incluant le moulin et ses équipements (27 565 florins au total des immobilisations). (Bilan arrêté de la fabrique d'huile de Mullem, 15 juin 1875, archives familiales.)

Après le décès d'Amand, la société continua sous la direction d'Achille. Le bilan arrêté entre associés Vanderstraeten et Vandeputte au 31 octobre 1874, soit un an après la mort d'Amand, donne la mesure de l'affaire : le capital social s'élevait à 750 000 francs, en hausse par rapport aux 600 000 francs de 1873. Vandeputte et van der Straeten avaient chacun versé un supplément de 50 000 francs. Le total du bilan atteignait 859 618,54 francs (± 49 M€), et le bénéfice net de l'exercice s'établissait à 102 045 francs (± 5,8 M€). L'entreprise traitait des toiles écrues et blanchies, pratiquait la teinture et le tissage, et achetait ses matières premières brutes. (Source : Bilan arrêté entre associés Vanderstraeten et Vandeputte, 1er janvier 1874 [pour l'exercice clos au 31 octobre 1874], archives familiales.)

Le discours prononcé par Gabriels aux obsèques, en novembre 1873, conservé en texte intégral, porte sur ce volet de son action :

"Aan hem, mijne heren, aan zijne onvermoeibare pogingen is het dat wij het leerwerkhuis verschuldigd zijn, waar, sedert 1835 [lire 1855], dat groot getal van wevers gevormd werd... En 1865, wierd de fabriek tot stand gebracht, dien tempel der nijverheid, waar honderde werklieden dagelijks het bestaan komen vinden."


Les enfants d'Amand

Adilie Marie Isabelle (°Eyne 2 juillet 1841, †ibid. 22 décembre 1913). En février 1858, Adilie obtient la mention "Très Bien pour la conduite et l'application" en 3e classe, comme pensionnaire au couvent de Beerlegem (certificat conservé : "M. A Vanderstraeten, Élève de la 3e Classe"). Claeys Boúúaert la qualifie de "pensionnaire exemplaire". Elle ne se mariera pas.

Achille François Justin (°Eyne 4 septembre 1843, †ibid. 9 avril 1921). En 1857, à 14 ans, Achille part pour Gand faire des études à l'Athénée royal (ancien Collège royal de son père) jusqu'en 4e classe. Il loge chez son oncle de Borchgrave. Claeys Boúúaert note : "Emile de B. est de 6 ans son aîné. Emile est littéraire ; Achille est scientifique" (et, en annotation manuscrite, "brillant"). De 1860 à 1863, Achille est à l'École des Arts et Manufactures de l'Université de Gand. Banquet d'adieu des étudiants le 30 mai 1863.


Les obsèques (25-26 novembre 1873)

Amand van der Straeten décède le 25 novembre 1873 après une longue et pénible maladie. Il avait 66 ans. Selon le Heemkring Westerring, six lijkredes (discours funèbres) furent prononcés aux obsèques. "Alle redenaars getuigden dat Amand een echte burgervader was die zich totaal heeft ingezet voor zijn gemeente en die zeer geliefd was bij de bevolking van Eine" (Tous les orateurs attestèrent qu'Amand fut un vrai père de la cité, totalement dévoué à sa commune et très aimé de la population ; Westerring).

La presse salue sa mémoire. Le Journal de Bruxelles écrit :

« On annonce d'Audenarde la mort de M. Amand-Jean-Norbert Van der Straeten, chevalier de l'ordre de Léopold, ancien membre du conseil provincial de la Flandre orientale, décédé à l'âge de 66 ans, dans la commune d'Eyne, où il a rempli les fonctions de bourgmestre pendant quarante-trois ans. M. Van der Straeten, qui s'était dévoué au bien-être et à la prospérité de sa commune, était un administrateur aussi aimé qu'il était capable et actif, et les pauvres perdent en lui un bienfaiteur dont la charité était inépuisable. »

(Journal de Bruxelles, 27 novembre 1873.) Le journal libéral L'Écho du Parlement lui rend hommage à son tour :

« On nous annonce la mort récente à Eyne lez-Audenaerde de M. Amand Vanderstraeten, chevalier de l'ordre de Léopold, ancien conseiller provincial, bourgmestre de sa commune pendant 45 années consécutives. Dans sa longue carrière, M. Amand Vanderstraeten s'est fait noter comme magistrat modèle. Libéral constitutionnel, ferme et dévoué, il exerçait non-seulement dans sa commune, mais dans tout l'arrondissement d'Audenaerde, une grande et légitime influence, et grâce à lui, dans cette commune, le libéralisme n'a jamais pu être entamé. Modeste, bienveillant, généreux, d'un jugement sûr, imbu d'idées sages et pratiques, il a puissamment concouru au bien-être et à la prospérité de sa commune. Sa mort est une perte sensible ; son honorable famille et ses nombreux amis la regretteront longtemps. Quant à nous, nous nous faisons un devoir de rendre ici un hommage mérité à la mémoire d'un vaillant soutien de la cause que nous défendons. »

(L'Écho du Parlement, 2 décembre 1873. Les « 45 années » sont une erreur du journal : Amand fut bourgmestre de 1830 à 1873, soit quarante-trois ans.)

Les six orateurs :

  1. Jules Heyse (notaire et secrétaire communal d'Eyne), au nom des habitants d'Eyne. Péroraison conservée (Westerring) :

"Vaarwel dan, heer van der Straeten! Gij zijt het voorwerp onzer aller achting en eerbied! Vaarwel! Uw aandenken zal nimmer uit ons geheugen verdwijnen. Vaarwel, voor den grijsaard die u betreurt; Vaarwel voor de weduwe door u zoo dikwijls vertroost; Vaarwel voor het weeskind wien gij tot vader verstrektet. Vaarwel, vriend, voor uwe gemeente, vaarwel voor mij! Dat God uwe deugden beloone!"

(Adieu, monsieur van der Straeten! Vous êtes l'objet de notre estime et de notre respect à tous! Adieu! Votre souvenir ne s'effacera jamais de notre mémoire. Adieu, pour le vieillard qui vous pleure ; adieu pour la veuve que vous avez si souvent consolée ; adieu pour l'orphelin à qui vous avez tenu lieu de père. Adieu, ami, pour votre commune, adieu pour moi! Que Dieu récompense vos vertus!)

  1. Dekeyser (Conseil provincial de Flandre orientale).
  2. E. Gabriels (au nom des employés et ouvriers de la filature de lin et d'étoupe, "vlasspinnerij en linnenweverij"). Discours conservé intégralement (voir ci-dessous).
  3. Louis Verspieren (Association libérale d'Eyne).
  4. Ad. De Maeght (Harmonie de Eyne).
  5. Sixième orateur non identifié dans les sources disponibles. [À identifier dans De Scheldegalm no 780, 30 novembre 1873, ou archives communales.]

Discours de E. Gabriels (texte néerlandais)

"Mijne Heren, Anderen hebben de goedheid van karakter en de menigvuldige uitstekende gaven van den diepbetreurden heer van der Straeten doen uitschijnen; aan mij is de droeve eer gelaten eene welverdiende hulde te brengen aan zijn liefderijke gevoelens voor den werkman; wanneer ik hem hier hulde breng, spreek ik niet alleen in mijn naam en in dien van de talrijke schaar van werkers die mij hier omringen, maar ik geloof de tolk te zijn van de gansche arbeidende klasse der gemeente.

Zonder al de weldaden op te sommen door hem aan het volk in vroegere kommervolle tijden bewezen, behoeven wij enkel onze blikken op te richten, om twee treffende getuigen van zijne groote bezorgdheid voor de belangen des werkmans te aanschouwen. Aan hem, mijne heren, aan zijne onvermoeibare pogingen is het dat wij het leerwerkhuis verschuldigd zijn, waar, sedert 1855 [recte 1856], dat groot getal van wevers gevormd werd; het leerwerkhuis, hetwelk die groote nijverheid der handweverij doen ontstaan heeft: de bron van de welvaart en den bloeienden staat onzer gemeente. Maar dit was niet genoeg voor den edelen man: hij wilde arbeid scheppen en een bestendig en algemeen welzijn onder de werkers bekomen; en 1865, wierd de fabriek tot stand gebracht, dien tempel der nijverheid, waar honderde werklieden dagelijks het bestaan komen vinden.

Daarom dank! Heer van der Straeten! Dank! in naam van den werkman voor wien gij niet een meester, maar altijd een trouwe vriend geweest zijt; dank! omdat gij uwe fortuin en uw streven aan het edel doel zijns welstands gewijd hebt; omdat gij zijn steun, zijn weldoener geweest zijt. De wrede dood heeft u niet gespaard, maar uwe edele daden blijven; uw aandenken zal steeds in ons midden zijn als het aandenken van een dierbaren vader en door het nakomelingschap gezegend worden.

Dank en vaarwel! Heer van der Straeten, Edele menschenvriend! vaarwel! God zal uwe deugden loonen."

(Traduction : Messieurs, d'autres ont mis en lumière la bonté de caractère et les nombreuses qualités exceptionnelles du très regretté monsieur van der Straeten ; il m'est laissé le triste honneur de rendre un hommage mérité à ses sentiments affectueux envers l'ouvrier. Quand je lui rends ici hommage, je parle non seulement en mon nom et au nom de la multitude d'ouvriers qui m'entourent, mais je crois être l'interprète de toute la classe ouvrière de la commune. [... ] C'est à lui, messieurs, à ses efforts inlassables que nous devons l'atelier d'apprentissage, où depuis 1855 [1856] s'est formé ce grand nombre de tisserands [...] Et en 1865 fut érigée la fabrique, ce temple de l'industrie, où des centaines d'ouvriers viennent quotidiennement trouver leur subsistance. [...] Pour l'ouvrier, vous n'étiez pas un maître, mais toujours un ami fidèle. [...] Que Dieu récompense vos vertus.)


La mémoire locale

Le Heemkring Westerring clôt son étude des deux bourgmestres par un jugement d'ensemble : « De twee burgemeesters, Amand en Achille van der Straeten, hebben samen gedurende 90 jaar Eine bestuurd. […] Zij stonden heel dicht bij de bevolking en waren zeer geliefd. » (« ils étaient très proches de la population et très aimés »). La même étude rappelle qu'Amand fut « ruim dertig jaar » président de la société d'harmonie Sainte-Cécile, et qu'il fut en 1865 medeoprichter (cofondateur) de la filature de lin et tisserie de toile « waar honderden werklieden hun brood verdienden ».

[Ce jugement, formulé en 2019 par un cercle d'histoire locale, repose en partie sur des textes d'hommage, les oraisons funèbres de 1873 et le livret du jubilé, en partie sur De Scheldegalm et l'état civil. Il relève de la mémoire locale plus que du constat indépendant.]

Chronologie familiale et alliances

Ce tableau reprend les dates des repères chronologiques ci-dessus et y ajoute les événements des familles alliées et collatérales : mariages de ses frères et sœurs, alliances Amelot, de Borchgrave, Storme, Vyvens. Il situe Amand dans son réseau de parenté.

DateÉvénement
28 fév. 1807Naissance à Eyne
1823-1824Collège royal de Gand avec son frère Liévin
20 déc. 1824Lettres testimoniales : classe de grammaire supérieure
8 nov. 1828Décès de son père Liévin François
Sept./oct. 1830Élu premier bourgmestre belge d'Eyne (23 ans)
Oct.-nov. 1830Mariage de sa sœur Marie Athanasie Sophie avec Frans Maes
1833Décès de sa sœur Marie Athanasie Sophie après union malheureuse
28 sept. 1836Mariage d'Yvon de Borchgrave avec Marie Eugénie Amelot
8 juil. 1839Mariage de son frère Liévin avec Justine Vyvens
30 déc. 1839Mariage de Henry Storme avec Clémence Brasseur
31 mai 1840Mariage de François Amelot avec Stéphanie Storme (Waeregem)
14 sept. 1840Mariage d'Amand avec Eulalie Caroline Amelot
2 juil. 1841Naissance d'Adilie Marie Isabelle
15 nov. 1841Mariage à Waeregem : Alphonse Thomas et Rose Storme
20 fév. 1842Mariage Félix Brasseur et Annette de Crombrugghe
1836Amand listé comme "A.N. van der Straeten burg." dans le Wegwyzer der stad Gend
1843J.Chr. Amelot fonde le Lyrisch Genootschap à Zingem
1843Amand fonde l'Harmonie Ste Cécile d'Eyne ; premier président
4 sept. 1843Naissance d'Achille François Justin (†9 avril 1921)
25 juil. 1844Fête en l'honneur de J.Chr. Amelot (vers Émile de Borchgrave)
26 mai 1844Fête de promotion de docteur en droit de Jules Storme, futur bourgmestre de Waeregem
1845Crise : maladie de la pomme de terre, inondations catastrophiques
14 avr. 1846Mariage Octavie Storme et Charles Thomas
26 mai 1846J.Chr. Amelot nommé chevalier de l'ordre de Léopold. Fête en présence du gouverneur de la province, M. Desmaisières
12 juil. 1847Mariage Nathanie Storme
1847Épidémie de typhus. Les élections donnent le pouvoir aux libéraux
1848Épidémie de choléra. Population d'Eyne tombe à 2.100 hab.
1848Difficultés avec le curé Stouthammer. Transformations au jardin pour donner du travail
24 nov. 1846Décès du frère Liévin (3 enfants orphelins : 6 ans, 4 ans et neuf mois ; Amand tuteur)
14 avr. 1850Décès de J.Chr. Amelot. Depuis 5 ans, charité remarquée envers les pauvres
± 1850Inauguration du chemin de fer. Travaux aux routes
27 mai 1850Amand élu membre du Conseil provincial (en remplacement de Ch.J. Reyntjens, décédé), 248 voix sur 255 votants
1852Nouveau curé : J.B. vandenBossche. Fin du conflit
1er sept. 1856Mise en activité du leerwerkhuis cantonal d'Eyne
1857Achille à l'Athénée royal de Gand jusqu'en 4e classe (logé chez oncle de Borchgrave). Emile de B. de 6 ans son aîné ; Emile littéraire, Achille scientifique
4 mai 1858Mariage à Waeregem : Boulez-Pelgrims
1857La Société lyrique de Zingem obtient 1er prix au concours De Wyngaert, Bruxelles
1857Amandine, Zoé et Adilie pensionnaires au Sacré-Coeur de Lille (Enfants de Marie)
fév. 1858Adilie : "Très Bien" en 3e classe (certificat scolaire Beerlegem)
31 mars 1858Décès de la mère Isabelle Duermael
1860-1863Achille à l'École des Arts et Manufactures (Université de Gand)
21 déc. 1861Amand : chevalier de l'ordre de Léopold (arrêté royal)
24 avr. 1862Double mariage à Eyne : Zoé avec Théodore De Vuyst, Amandine avec Polydore Ruysschaert
30 mai 1863Banquet d'adieu des étudiants
3 sept. 1864Mariage d'Oscar van der Straeten avec Céline Ruysschaert
25 mai 1864Fondation de l'usine (acte notarié). 1865 : ouverture effective
1870Guerre franco-prussienne. Impact sur la commune
25 nov. 1873Décès d'Amand. Six discours aux obsèques

La carte de dévotion

Une carte de dévotion à la mémoire d'Amand van der Straeten (†25 novembre 1873) est conservée dans les archives familiales. Elle présente la graphie "Vanderstraeten" en un seul mot, contrairement à la graphie officielle attestée dans les actes d'état civil.


Le premier bourgmestre d'Eyne

Amand termine ses humanités latines à dix-sept ans au Collège du Roi à Gand. Il devient bourgmestre dès l'indépendance, à vingt-trois ans, par nomination directe, et le reste plus de quarante ans.

Le pays qu'il administre est pauvre : la revue locale parle de « pauvreté, famine et chômage ». Il y répond par un leerwerkhuis, atelier-école de tissage pour les enfants, dont la revue fait l'origine de l'industrie à Eyne. En 1864, il fonde la filature de lin et le tissage, en activité en 1865, « où de nombreux ouvriers gagnaient leur pain ». La revue ajoute : « cette usine était le symbole du cadre de travail des ouvriers de l'époque ; aujourd'hui elle serait classée — hélas elle a été démolie ».

Le 21 décembre 1861, un arrêté royal le fait chevalier de l'ordre de Léopold pour services rendus à la commune. Il préside pendant plus de trente ans la société de musique Sainte-Cécile, future harmonie royale.

Le 14 septembre 1840, il épouse Eulalie Amelot, vingt ans, fille du bourgmestre de Zingem. Ils auront deux enfants : Adilie, le 2 juillet 1841, et Achille, le 4 septembre 1843.

Deux projets lui survivront : le pont de fer sur l'Escaut et la reconstruction de l'hospice. Son fils achèvera le premier en 1881.

Sa mort fut annoncée par la presse d'Audenarde comme « un coup de tonnerre au-dessus du village » : « Amandus Jan-Norbertus Vanderstraeten, chevalier de l'Ordre de Léopold, ancien membre du conseil provincial de Flandre orientale, bourgmestre de la commune d'Eyne pendant quarante-trois ans », mort vers une heure et demie du matin après une longue maladie.

Le fonds conserve aussi, de la même époque, un grand registre comptable manuscrit de 1826.

Voir aussi : Léon Claeys Boúúaert (1879-1971) · son carnet, année par année · les carnets de la famille.

Sources documentaires

Sources : José Claeys Boúúaert, In Memoriam 1973 ; version française 2019 ; Esquisse biographique ; Westerring 2019 ; Lindemans, Land van Aalst, 1955 ; rapport gouvernemental ateliers cantonaux, c. 1858 ; Mémorial administratif Fl. Or. ; Exposé provincial 1865.

Sources primaires (archives familiales)

Sources publiées

Sommaire
Fiche d'identitéRepères chronologiquesContexte familial : la baronie d'EyneJeunesse et formation (1807-1830)Premier bourgmestre belge d'Eyne (1830-1873)Engagements et distinctionsLa famille AmelotLa filature et le rôle d'industrielLes enfants d'AmandLes obsèques (25-26 novembre 1873)Chronologie familiale et alliancesLa carte de dévotionLe premier bourgmestre d'EyneSources documentaires