Fiche d'identité
| Nom | Isabelle Jeanne Catherine Duermael (graphies attestées : Durmael, Duermael ; signature relevée « Jeenne ») |
|---|---|
| Naissance | Gand, 20 mars 1768 — date concordante entre la pierre tombale d'Eyne et le GEDCOM familial [le 19 mars figurant dans d'anciennes notes de travail est écarté] |
| Décès | Eyne, 31 mars 1858, à 90 ans |
| Parents | Henricus Joannes Bernaerdus Duermael et [Catharina] Rosa Belaen |
| Mariage | 13 décembre 1803 (civil, 22 frimaire An XII, registre d'Eyne) et 18 décembre 1803 (religieux) avec Liévin François van der Straeten |
| Enfants | Marie Athanasie (1804-1833) ; Amand Jean Norbert (1807-1873) ; Liévin François Jean-Baptiste (1809-1848) |
| Sépulture | Cimetière d'Eyne, pierre de gauche du calvaire, avec son mari |
Une famille gantoise
Isabelle Duermael est née à Gand dans une famille de la bourgeoisie patricienne. Claeys Boúúaert la présente comme la « dernière descendante d'une noble famille gantoise », portant d'azur à cinq grappes d'argent, avec la devise DURA MALO. [La qualité « noble » et le statut de dernière descendante sont l'appréciation de Claeys Boúúaert, non vérifiée sur pièce ; la fratrie documentée ci-dessous montre au contraire plusieurs Duermael vivants et actifs après elle.]
Sa fratrie apparaît dans les actes du fonds familial : Jean-Baptiste Augustin Duermael, substitut du procureur du Roi à Anvers, et Catharina Duermael. Une branche gantoise de la famille, brasseurs à Gand — Francis Ferdinand et Joanna Judoca Cathrina Duermael — s'opposera aux époux van der Straeten en justice dans les années 1820.
C'est par sa mère qu'elle était parente du dernier chanoine-curé d'Eyne, Jan Baptiste Belaen, docteur en droit. Pendant l'occupation française et la persécution du clergé réfractaire, Isabelle cacha chez elle le calice d'étain dont le curé Belaen se servait pour célébrer la messe clandestinement. Ce calice fut longtemps conservé dans la famille.
Le mariage de 1803
Elle épouse Liévin François van der Straeten le 13 décembre 1803 à Eyne, quatre ans après le retour de celui-ci de sa détention au Temple. Elle a 35 ans, lui 49. Le mariage religieux suit le dimanche 18 décembre. Le couple aura trois enfants en six ans.
Le rapprochement des deux familles est ancien : le curé Belaen, oncle d'Isabelle, était en poste à Eyne depuis 1779, l'année qui suit l'arrivée de Liévin François comme greffier.
Le patrimoine Duermael et le Grootboek
Isabelle n'apporte pas seulement une alliance : elle apporte des créances. Depuis 1794, les Duermael détenaient des inscriptions au Grootboek der Nationale Schuld, le grand-livre de la dette publique néerlandaise. En octobre 1794, Isabelle figure aux côtés de son frère Jean-Baptiste Augustin, de sa sœur Catharina et de la veuve Clara Anna Bernarda van Doore parmi les signataires d'une procuration au sollicitateur Nicolas de Vries Robbé, à La Haye, pour la perception et l'inscription de ces créances.[grootboek1794]
La liquidation aboutit trente-deux ans plus tard : le 30 septembre 1826, Liévin François reconnaît avoir reçu des mains de son beau-frère la somme de 12 238 florins néerlandais, le montant le plus élevé documenté dans l'ensemble du corpus Duermael. C'est la fortune de la femme qui entre dans le ménage.
Sa correspondance
Le fonds conserve plusieurs lettres de sa main, ce qui est rare pour une femme de cette génération dans ces archives. Elle écrit à sa sœur en 1800 (affaire de la pastorij) et en 1820 (répartition successorale Duermael), à sa mère depuis Eyne le 2 octobre 1827. Une lettre de 1823 mentionne son fils Amand et la charge de greffier.[lettres]
Ces lettres montrent une femme informée des affaires de sa famille d'origine et partie prenante des arrangements successoraux, et non une simple signataire.
Le procès de la brasserie (1823-1825)
Le 26 septembre 1823, Isabelle et son mari sont assignés conjointement devant le Tribunal de Première Instance de Gand par la branche gantoise des Duermael, Francis Ferdinand et Joanna Judoca Cathrina, brasseurs, dans un litige sur l'indivision d'une succession et d'une brasserie. L'affaire, plaidée par l'avoué Jacobus Joannes Eggermont, dure jusqu'en 1825. Elle est assignée en son nom propre : c'est de sa succession familiale qu'il s'agit.[eggermont]
Trente ans de veuvage (1828-1858)
Liévin François meurt le 8 novembre 1828. Isabelle lui survit trente ans. L'huilerie de Mullem et le reste du patrimoine demeurent dans ses biens, et l'exploitation continue de tourner sous son nom : les pièces conservées sont des factures adressées à la veuve, des livraisons de graines, des ventes d'huile et de tourteaux. [Elles prouvent que l'affaire vit et qu'elle en est le siège juridique ; elles ne disent pas quelle part Isabelle prenait elle-même à la conduite des opérations. Son fils Liévin François l'assiste dans la gestion dès 1836.]
Pour les funérailles, elle fait livrer 42 cierges de cire blanche de première qualité, pour 79 florins et 16 stuyvers, réglés le 28 novembre 1828. En 1836, elle fait encore réparer « l'horloge de Monsieur Lievin » chez l'horloger Metchlien van Cauwenberghe à Audenarde. L'huilerie reste active à grande échelle : un reçu de Louis Maryns atteste la livraison de 50 sacs de lijnzaed pour 666 florins, et les ventes de stoop olie et de tourteaux sont encore documentées en 1838, dix ans après la mort de son mari.[veuve] Son fils Liévin François (1809-1848) l'assiste dans la gestion dès 1836.
Elle meurt à Eyne le 31 mars 1858, à 90 ans, et repose auprès de son mari sous la pierre de gauche du calvaire du cimetière d'Eyne, qui porte la liste de leurs enfants.
Ce qui reste à établir
- Acte de baptême gantois : non consulté. La date du 20 mars 1768 est concordante entre pierre tombale et GEDCOM, mais aucune des deux n'est la source primaire.
- Ascendance Duermael : la fratrie n'est connue que par les actes où elle apparaît ; aucune généalogie Duermael propre n'a été dressée à ce jour.
- Lien avec la branche des brasseurs gantois : Francis Ferdinand et Joanna Judoca Cathrina Duermael sont-ils frère et sœur d'Isabelle, ou cousins ? Le procès de 1823 ne le dit pas explicitement.
- « Dernière descendante d'une noble famille » : affirmation de Claeys Boúúaert contredite par l'existence de frères et sœurs actifs après elle. À vérifier.
- Clara Anna Bernarda van Doore (procuration de 1794) : lien de parenté avec les Duermael non déterminé. Le patronyme van Doore réapparaît en 1785 dans le fonds, sans recoupement fait à ce jour.
- Portrait : aucun portrait connu.
Sources
Notice établie à partir du fonds Familie Duermael (Rijksarchief Gent) et des archives familiales, avec la biographie de Liévin François par José Claeys Boúúaert pour le cadre narratif. Les faits datés ci-dessus sont sourcés individuellement en note ; les éléments provenant d'une lecture récente de manuscrits, non encore vérifiés sur l'original, sont signalés entre crochets.
[grootboek1794] ↑ Procuration au sollicitateur Nicolas de Vries Robbé, La Haye, pour perception et inscription au Grootboek der Nationale Schuld, 28 octobre 1794 (fonds Duermael, T-102). Signataires : Isabelle Duermael, Joannes Baptiste Augustinus Duermael, Catharina Duermael, et la veuve Clara Anna Bernarda van Doore.
[lettres] ↑ Lettres autographes d'Isabelle Duermael, fonds Duermael : à sa sœur, 1800 (T-463) et 1820 (T-471) ; mention d'Amand, 1823 (T-479) ; à sa mère, Eyne, 2 octobre 1827 (T-482 et T-483, suite et P.S.). Signature relevée en zoom (T-480).
[eggermont] ↑ État de frais et correspondance de l'avoué Jacobus Joannes Eggermont, Gand, 1823-1825 (fonds Duermael, T-175 et T-177). Assignation du 26 septembre 1823 ; lettres des 23 septembre et 30 octobre 1825 ; quittances de débours notariés, mai 1824.
[veuve] ↑ Factures et reçus des archives familiales : cierges de funérailles (facture Tacky, 28 novembre 1828) ; réparation d'horloge (Metchlien van Cauwenberghe, facture du 8 février 1837) ; livraison de graines de lin (reçu Louis Maryns) ; ventes d'huile et de tourteaux, 1838.