Alliance · gendre d'Achille

Léon Claeys Boúúaert

1879 – 1971 · époux de Thérèse van der Straeten
Estimation d'après le GEDCOM du 28 juillet 2026 : environ 195 descendants.
Entré dans la famille par mariage en 1905, il en tient la chronique pendant plus d'un demi-siècle, prend en charge les enfants de Pierre et dirige la fabrique d'Eyne.

Fiche d'identité

NomLéon Marie Joseph Ghislain Claeys Boúúaert
Naissance25 août 1879
Décès27 septembre 1971, à 92 ans
ÉpouseMarie-Thérèse van der Straeten (1880-1969), fille d'Achille, mariage le 6 mai 1905 à Eyne
EnfantsOnze, nés entre 1906 et 1922, dont Ferdinand mort en bas âge en 1917 et José, auteur de l'Esquisse biographique de Liévin François
Rôles dans la familleSubrogé tuteur puis gestionnaire des cinq orphelins de Pierre après 1926 ; vingt ans à la tête de la fabrique d'Eyne ; bourgmestre d'Eyne de 1921 à 1940-1941, puis de nouveau à partir de septembre 1944 ; auteur du carnet qui couvre 1907-1971

Sources : carnet manuscrit de Léon Claeys Boúúaert (102 p.) ; actes de mariage et faire-part de 1905 ; procès-verbal du conseil de famille du 18 novembre 1926 ; fiches généalogiques de 1960.


Léon Claeys Boúúaert entre dans la famille van der Straeten par son mariage, en 1905. Il en tient la chronique pendant plus d'un demi-siècle. Deux charges lui reviennent : la prise en charge des cinq enfants de son beau-frère Pierre, orphelins en 1926, et la direction de la fabrique d'Eyne, qu'il exerce ensuite pendant vingt ans. L'essentiel de ce que l'on sait de la famille entre 1905 et 1971 provient de son carnet.

Origines et formation

Léon Claeys Boúúaert naît à Gand, rue d'Orange n° 6, le 25 août 1879. Son parrain est son oncle Léon de Bruyn, futur ministre de l'Agriculture ; sa marraine, sa tante Élodie. La famille appartient à la bourgeoisie catholique gantoise : son père est sénateur, son frère Fernand deviendra prêtre et docteur en droit canon, son frère Paul entrera aussi dans les ordres.

Selon le carnet, le nom « Bouüaert » est adjoint au patronyme en 1889, quand Léon a dix ans ; la famille s'appelait jusque-là Claeys. La même année, il fait sa première communion et reçoit la confirmation des mains de Mgr Lambrechts.

Il fait ses humanités au Nouveau Bois puis au collège Sainte-Barbe, entamé en 1886. Philosophie à Namur en 1897 (il y relève la « tendance antireligieuse » de certains professeurs), puis à Gand, où il commence son droit et entre à la conférence de Saint-Vincent-de-Paul. En 1898 il reçoit une bicyclette et achète un appareil photographique, dont proviennent les clichés collés dans le carnet. Il entre au Musée commercial le 8 janvier 1903, rédige le Bulletin commercial et le Recueil consulaire, et est nommé attaché au Ministère en juillet 1903, au traitement de 1 800 francs l'an.

Le mariage de 1905

Le 1er octobre 1904, Léon vient à Eyne et fait le tour de la fabrique avec son père. C'est la première mention d'un lien avec les van der Straeten, antérieure au mariage ; elle indique que les deux familles entretiennent des relations d'affaires autant que de société.

Le 6 mai 1905, à Eyne, il épouse Thérèse van der Straeten (1880-1969), fille d'Achille van der Straeten, bourgmestre et conseiller provincial, et de Marie Emma van den Peereboom. L'allocution est prononcée par son frère l'abbé Fernand ; Léon en a recopié le texte intégral dans son carnet, sur trois pages. Un acte notarié du 2 mai constitue la dot.

Ils auront onze enfants entre 1906 et 1922 : Alfred, Marie-Thérèse, Marie-Christine, Élisabeth, José, Antoine, Ferdinand (mort à trois ans en 1917), Albert, Madeleine, Ignace et Ghislaine. Le carnet les date presque tous au jour près. En 1909, un bail lui loue une maison dans l'enceinte du domaine d'Achille, où le ménage s'installe.

La Première Guerre mondiale à Eyne

Pour les années 1914-1918, le carnet est l'une des sources les plus détaillées du fonds. Il note la dispersion de la famille en août 1914, les combats locaux (les hussards de la mort attaqués à Neder-Eename le 6 septembre, les ponts sautés les 11 et 12 octobre), le pillage méthodique de la fabrique par les Allemands en 1917, cuivre, dynamos et câbles emportés, puis les caches d'objets de valeur creusées dans le jardin, quatorze emplacements, avant la débâcle de septembre 1918.

Il y consigne aussi, de première main, les deuils de la famille. Celui de sa belle-mère : le vendredi 14 juin 1918, vers onze heures, Marie Emma van den Peereboom est frappée d'apoplexie pendant sa promenade quotidienne au potager avec Achille, en récitant le chapelet (« attaque, je vais mourir »), et s'éteint le lundi 17 vers 18 h 30. Puis celui de son beau-frère Joseph van der Straeten, parti en octobre 1914, surveillant au collège Sainte-Croix de Neuilly, incorporé puis réformé pour maladie en 1917, entré au séminaire de Saint-Sulpice et venant de prendre la soutane, emporté en quatre jours par la grippe le 12 octobre 1918 et mort seul à l'hôpital Saint-Joseph, sans qu'aucun membre de la famille ait pu être prévenu à temps.

La tutelle des enfants de Pierre (1926)

Pierre van der Straeten, son beau-frère, veuf depuis 1924, meurt le 10 novembre 1926. Le carnet en rend compte en ces termes ; c'est le témoignage le plus explicite conservé :

« Mon beau-frère Pierre van der Straeten, malade depuis plusieurs mois, est administré fin octobre, meurt le 10 novembre — laryngite tuberculeuse, organisme usé par excès de boisson. Il laisse cinq enfants orphelins de père et de mère, et fait un testament instituant comme tutrice sa servante Alma De Cuyper !!! Cette histoire fait scandale, et à grand-peine et sur menaces de procès et difficultés, j'obtiens la renonciation d'Alma, moyennant indemnités. »

Le 18 novembre 1926, huit jours après le décès, Léon préside le conseil de famille. La tutelle revient à la grand-mère, Mme Théodore Moens de Hase ; Léon est subrogé-tuteur, et c'est lui qui, en pratique, prend les enfants en charge. Parmi eux, Achille, l'aîné, futur grand-père de la génération actuelle : le carnet note qu'il est retiré du pensionnat des Frères de Saint-Amand « où il ne faisait rien et restait presque illettré », et ramené à Eyne pour y être éduqué avec Albert, le fils de Léon.

La direction de la fabrique

Après la mort de Pierre, Léon reprend la direction de la société Vandeputte-van der Straeten. Le carnet tient dès lors la chronique d'une entreprise en difficulté : reprise laborieuse après 1918, chômage lors de la sécheresse de 1921, conflit financier grave en 1937 avec l'homme d'affaires d'Agnès van der Straeten, qui tente de faire arrêter la filature et menace de procès (Léon doit racheter seul la part d'Agnès, à un prix qu'il juge trop élevé), partage de l'indivision en 1938, puis la longue crise d'après-guerre, remboursement d'un emprunt pour dommages de guerre et expropriations à Eyne. En 1942, Achille vient le remplacer « aux affaires » à Gand ; le carnet enregistre cette transmission sans guère la commenter.

Voir aussi : la filature d'Eyne et l'huilerie de Mullem.

Bourgmestre d'Eyne

Achille meurt le 9 avril 1921. Les élections communales ont lieu quinze jours plus tard, le 24 avril ; ce sont les premières au suffrage féminin et à la représentation proportionnelle ; la liste de Léon obtient sept élus sur onze. À la première séance du conseil, le 11 juin, il est désigné premier échevin ; il prête serment : « Ik zweer getrouwheid aan de Koning, gehoorzaamheid aan de Grondwet en aan de Wetten van het Belgische volk. » Le 20 juillet 1921, il est nommé bourgmestre d'Eyne par le roi.

Il se présente encore en 1926, en 1932 et en 1938, sans être mis en difficulté. Ses premières mesures sont les suivantes : toute la correspondance communale désormais en néerlandais ; priorité à l'école (une nouvelle école communale, l'inspection médicale scolaire gratuite) ; une limitation de vitesse à 15 km/h dans la Dorpsstraat, qui était alors la route d'État de Gand à Audenarde, à un moment où l'on comptait à Eyne « quelques propriétaires d'automobiles ».

La fiscalité communale qu'il administre comprend des taxes sur les chiens, sur le cinéma, sur les pianos et harmoniums, sur les balcons et loggias au mètre courant, et sur les orgues de Barbarie servant aux bals, « parce que les bals exigent, du point de vue moral, une surveillance policière particulière ». Les mariés en étaient exemptés le jour de leurs noces.

Le carnet rapporte les événements de septembre 1944 : réinstallé bourgmestre le 5 dans l'enthousiasme populaire, Léon voit le 6 le retour des troupes allemandes, le bombardement d'Eyne et la fuite de la famille à Eename ; trois civils sont fusillés au coin de sa maison. Le Te Deum de libération est chanté le 9. Une photographie de famille est collée en regard, légendée « 1944 — la guerre s'achève ».

Les fiches généalogiques

En 1960, Léon établit une série de fiches généalogiques : van der Straeten de 1608 à 1960, van den Peereboom, Amelot, Boulez, Macquart de Terline, avec les armoiries. Elles font partie des pièces sur lesquelles s'appuie la reconstitution présentée dans la lignée bruxelloise.

Les dernières années

À partir de janvier 1966, Thérèse est « peu à peu paralysée et sans paroles ». Léon note l'extrême-onction, les traitements sans effet, la voiturette louée, puis l'installation de sa femme au rez-de-chaussée, dans le grand salon. Elle meurt le 22 juin 1969, après huit jours de refus de toute nourriture : « décès calme de ma chère femme Thérèse ». Ils avaient célébré leurs noces de diamant quatre ans plus tôt, le 8 mai 1965, devant cent soixante personnes.

Léon meurt le 27 septembre 1971. L'entrée de 1970, très brève et inachevée, est la dernière de sa main. Le carnet se referme sur deux pièces rapportées : l'homélie funèbre imprimée de Thérèse, et le récit de ses propres derniers jours, écrit par un autre.

Sur son mayorat, les détails ci-dessus proviennent de la monographie que lui a consacrée le cercle d'histoire locale : Léon Claeys Boúúaert, Burgemeester van Eyne, dans Westerring, n° 36, décembre 2002, 26 p.

Voir aussi : le carnet lui-même, sa description et son histoire matérielle ; la chronique année par année.

Sommaire
Origines et formation Le mariage de 1905 La Première Guerre mondiale à Eyne La tutelle des enfants de Pierre (1926) La direction de la fabrique Bourgmestre d'Eyne Les fiches généalogiques Les dernières années