L'objet · source primaire

Le carnet de Léon Claeys Boúúaert

1907 – 1971 · 102 pages
Journal tenu pendant soixante-quatre ans par un gendre de la famille : la vie familiale d'Eyne observée depuis la rue Haut-Port.

Source : carnet manuscrit de Léon Claeys Boúúaert (°25 août 1879, †27 septembre 1971).

→ Le carnet, année par année — le contenu des 102 pages, année après année : ce qui touche la famille van der Straeten et la fabrique, puis le reste du carnet, avec les passages verbatim.


Le carnet et son auteur

Léon Claeys Boúúaert, avocat, fils du sénateur Alfred Claeys Boúúaert, épouse le 6 mai 1905 à Eyne Thérèse van der Straeten, fille du bourgmestre et conseiller provincial Achille van der Straeten. Il commence son carnet en mai 1907, mais y récapitule d'abord toute sa vie depuis sa naissance à Gand en 1879 (« Résumé complet par années ») avant de le tenir, quasi année par année, jusqu'à quelques mois de sa mort en 1971. Il ne s'agit pas de mémoires rédigés après coup, mais d'un registre tenu au fil du temps, qui mêle les nouvelles de famille, la marche des affaires (la fabrique textile d'Eyne), la politique belge, et les grands événements du siècle vus depuis Eyne et Gand, deux guerres mondiales comprises.

Le manuscrit compte 102 pages. Sa valeur documentaire tient à la position de son auteur, entré dans la famille par alliance, et à la régularité de ses notations : les naissances de ses onze enfants y sont systématiquement datées au jour et à l'heure près.

Repères par période

Jeunesse et mariage (1879-1908) : les vingt-huit premières années résumées d'un trait, enfance à Gand, collège Sainte-Barbe, philosophie à Namur puis Gand, voyage en Angleterre avec son père et son frère José (1898), entrée au Musée Commercial (1903), mariage avec Thérèse (6 mai 1905), naissances d'Alfred et Marie-Thérèse.

Avant-guerre et Grande Guerre (1909-1917) : mort de Léopold II et Joyeuse Entrée d'Albert Ier (1909), vie de la fabrique textile d'Eyne, naufrage du Titanic (1912). 13 septembre 1913, doubles noces : Pierre van der Straeten (voyage de noces en Italie) et Anne-Marie van der Straeten (voyage de noces en Espagne), le même jour. Mort de tante Adilie (18 décembre 1913, « je voudrais tant aller au ciel »). Éclatement de la Grande Guerre en 1914 : dispersion de la famille, fuite de Joseph van der Straeten vers Paris puis Neuilly (antécédent direct de son engagement Croix-Rouge de 1918), Paul Claeys Boúúaert fait prisonnier avec les jésuites de Louvain, témoin de l'exécution du père Dupierreux.

De l'entre-deux-guerres à la reconstruction (1917-1962) : ravitaillement et occupation (1917-1918), retour à la paix, entre-deux-guerres, Seconde Guerre mondiale et libération (Te Deum du 9 septembre, photo de famille collée p71), reconstruction, décennies d'après-guerre.

Les années 1960 (1963-1968) : expropriation d'une parcelle de Thérèse pour le ring d'Audenarde (1963, indemnité de 600 000 fr répartie entre les sept enfants survivants, et du vin). Ignace professeur à l'Université de Gand (1968), aménagements de la maison d'Eyne (monte-personne « Monolift », le fruitier transformé en bibliothèque).

Les derniers deuils (1968-1971) : mort de Thérèse van der Straeten le 22 juin 1969, après 64 ans de mariage et huit jours de refus de nourriture, « décès calme de ma chère femme Thérèse » ; Léon fête ses 90 ans en août 1969. Éloge funèbre et homélie de Thérèse, transcrits intégralement. Dernières notes autographes de Léon à 91 ans (1970) : santé déclinante, opération d'une hernie. Récit familial de ses derniers jours : attachement au chapelet et à sa canne, « Le Bon Dieu d'abord ! », mort paisible le 27 septembre 1971 à 92 ans.

Valeur documentaire

Confronté aux autres sources familiales portant sur les mêmes événements (faire-part, lettres de 1914), le carnet ne présente pas de contradiction connue ; il confirme au jour près les dates de naissance des onze enfants de Léon et Thérèse.

Voir aussi : Léon Claeys Boúúaert lui-même · le carnet année par année · les autres carnets de la famille.

Le mariage de Thérèse van der Straeten est également documenté par le faire-part et l'allocution complète de l'abbé Fernand Claeys Boúúaert (6 mai 1905), intégralement transcrite dans le carnet (p7-p9).

Sommaire
Le carnet et son auteur Repères par période Valeur documentaire